Une main tenant une poignée de miscanthus broyé de couleur claire, au-dessus d’un tas du même paillage
Les produits de la récolte · Miscanthus × giganteus · Paillage

Le paillis de miscanthus : résultats des essais et quantités à prévoir pour les massifs, les serres et les pépinières

Les communes françaises utilisent le miscanthus broyé comme paillis depuis les années 2010, et la demande a augmenté après 2017, lorsque les produits phytopharmaceutiques ont été interdits dans les espaces publics. Des essais l’ont comparé à la paille, à l’écorce, aux plaquettes de bois et à la chènevotte. L’article présente les résultats de ces essais, les principaux usages, les propriétés du matériau, ainsi que l’épaisseur et le volume à étaler. Il compare ensuite le miscanthus aux autres paillis, donne le coût au mètre carré et la marge par hectare comparée à celle du combustible, décrit le marché et se termine par le paillis en sac que nous préparons à partir de nos propres champs.

Substrats : le miscanthus comme substrat · Haies : l’article sur la haie · Quantités : chapitre 05

Moins d’adventices qu’en sol nu sur 18 mois, à 5 cm80–90 %
Durée d’une couche de 5 cm, en saisons de végétation2
Litres par mètre carré à 5 cm50
Mètres carrés paillés à 5 cm avec la récolte annuelle d’un hectare2 200–3 500
En résumé

L’essentiel pour les jardiniers, les producteurs et les services des espaces verts

  • Une couche de 5 cm de miscanthus broyé maîtrise la plupart des adventices pendant environ deux saisons de végétation.

    Dans un essai français sur des massifs arbustifs communaux, le miscanthus a réduit le nombre d’adventices de plus de 80–90 % pendant 18 mois et se décomposait visiblement après deux ans. Dans le même essai, la paille et le lin ont tenu six à douze mois. Un essai allemand en verger attribue à une couche de miscanthus une durée de deux saisons, comme à l’écorce de pin et aux plaquettes de bois.
  • Le paillis conserve l’humidité du sol et n’en modifie pas le pH.

    Sous des vignes en Moldavie, le sol paillé de miscanthus était, à 10–15 cm de profondeur, environ deux fois plus humide que le sol nu sur l’ensemble de la saison. Dans une serre autrichienne, le compartiment paillé de foin et d’herbe a consommé environ moitié moins d’eau d’irrigation que le compartiment non paillé. Après deux ans, dans l’essai français, le pH du sol sous tous les paillis, miscanthus compris, restait inchangé, entre 7,3 et 7,5.
  • Aucun prélèvement d’azote n’a été mesuré sous une couche de surface, et le broyat enfoui immobilise l’azote.

    Sous 10–20 cm de miscanthus, des vignes n’ont montré aucun changement de leur état azoté, et une revue bibliographique consacrée aux plaquettes de bois fait le même constat pour les couches de surface. Dans un essai d’évaluation de constituants de substrats, la paille de miscanthus a immobilisé en une semaine 70 % de l’azote apporté. Le paillis est donc étalé en surface et n’est pas enfoui.
  • Le broyat ne contient ni graines de miscanthus ni tanins ; il est léger et s’enflamme probablement aussi facilement que la paille.

    Le clone ne produit pas de graines. Une fois tassé, le broyat pèse environ 100–130 kg par mètre cube ; la couche est donc arrosée après l’épandage pour qu’elle ne s’envole pas. Dans des essais d’inflammabilité, qui ne portaient pas sur le miscanthus, la paille s’est enflammée au contact de braises bien plus souvent que l’écorce, et l’on prend pour le broyat les mêmes précautions que pour la paille.
  • La récolte annuelle d’un hectare suffit à pailler environ 2 200–3 500 mètres carrés à 5 cm.

    Le chiffre est calculé au chapitre 05 à partir de 12–18 t de matière sèche par hectare et d’une masse volumique tassée d’environ 120 kg par mètre cube.
Résultats des essais

Moins d’adventices et un sol plus humide, sans modification du pH du sol ni de la nutrition azotée sous un paillis de surface

Les principales comparaisons entre paillis proviennent de deux essais. À Hazebrouck, dans le Nord, la FREDON Nord Pas-de-Calais, organisme de protection des végétaux, a mis en place onze paillis à 5 cm sur des massifs arbustifs du centre-ville et a compté les adventices pendant deux ans. En Wallonie, le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) a évalué pendant trois ans le miscanthus, la chènevotte, l’écorce de pin et la toile tissée, posés à 5 cm dans une pépinière et une aspergeraie. Des essais en vigne en France, dans l’Ohio et en Moldavie, ainsi que des essais sous serre en Autriche et en Espagne, fournissent des données sur l’humidité du sol, la température et le rendement.

EssaiDispositifRésultats pour le miscanthus
Hazebrouck, France, 2010–2012Onze paillages à 5 cm sur des massifs arbustifs en centre-villeNombre d’adventices toujours inférieur de plus de 80–90 % à celui de la parcelle nue pendant 18 mois ; décomposition légère à moyenne sur cette période, décomposition visible à 24 mois ; pH du sol de 7,3–7,5 sous tous les paillages, comme en sol nu ; peu d’effet sur la matière organique du sol ; une couche plus épaisse est conseillée, parce que les morceaux irréguliers laissent de petits interstices.
Wallonie, Belgique, 2014Paillages à 5 cm dans une pépinière de porte-greffes et une aspergeraie, trois ansProtection contre les adventices excellente la première année, bonne à moyenne la deuxième, faible la troisième, même évolution que la chènevotte et l’écorce de pin ; coût d’environ 0,75 € par mètre carré et par an pour un matériau acheté chez le producteur ; champignons inoffensifs en surface par temps très humide.
Loir-et-Cher, France, 2019–2020Vigne, bande de 80 cm, 10–20 cm d’épaisseurUn cep sur 27 envahi par les adventices ; le paillage est resté en place toute la saison ; aucun changement de l’état azoté de la vigne ; moins de grappes, mais des baies plus lourdes et plus sucrées ; matériau et épandage d’environ 2 200 € par hectare et par an, contre 63 € pour le désherbage mécanique.
Gard, France, trois ansVigne, 10 cm de paille de miscanthus, de plaquettes de bois ou de feutre de fibresCouverture d’adventices de 15–38 % sous les paillages après trois ans, contre 76 % sur le témoin nu ; le miscanthus se tasse bien et résiste au vent une fois compacté.
Moldavie, 2024Vigne, bande de miscanthus de 50 cmHumidité du sol à 10–15 cm environ double de celle du sol nu sur la saison ; évaporation divisée par trois environ ; croissance des pousses supérieure de 12–20 % ; un seul site, sans répétition indiquée.
Ohio, 2019–2020Vigne en hiver : paille, cannes de maïs et miscanthus comparés au buttagePoints de greffe maintenus au-dessus de −2 °C quand l’air descendait sous −15 °C ; désherbage et humidité du sol meilleurs qu’avec le buttage ; aucun effet sur le rendement ni sur la qualité des raisins.
Styrie, Autriche, 2020Concombres sous serre, paillages de foin et d’herbeLe compartiment paillé a consommé 39 800 litres d’eau d’irrigation contre 83 000 pour le compartiment non paillé ; rendements égaux ou légèrement supérieurs ; les couverts vivants ont augmenté l’humidité de l’air et les maladies.
Almería, Espagne, 2022Tomates sous serre : polyéthylène, film biodégradable et pailleÉvaporation, adventices et rendement identiques sous paille et sous film ; sol plus chaud sous tous les paillages ; les graines de céréales de la paille ont levé toute la saison.
FREDON Nord Pas-de-Calais 2012 ; CRA-W 2014 ; Ecophytopic/DEPHY 2021 ; Réussir Vigne 2025 (essai IFV) ; Alexandrov & Sandu 2024 ; Dami et al. 2023 ; Lengauer 2020 ; Marín-Guirao et al. 2022. Les essais sous serre autrichien et espagnol ont utilisé du foin et de la paille de céréales, et non du miscanthus.

Les essais ont mis en évidence deux limites. Dès la deuxième année, les adventices vivaces traversent les paillis organiques : dans les essais français, le liseron, le chiendent, les pissenlits et les chardons se sont enracinés à travers la couche, et les notes wallonnes sont tombées à « faible » la troisième année. La couche s’amincit aussi en se décomposant, si bien qu’un massif paillé à 5 cm doit être rechargé après deux saisons, et une bande de vigne à 10–15 cm après un ou deux ans. Dans les Pays de la Loire, les conseillers viticoles, qui visent trois à quatre ans de couverture sous le rang, posent 20 cm en deux passages, parce que la première couche s’imbibe d’eau et s’affaisse.

L’effet sur le rendement varie selon les essais. Les vignes du Loir-et-Cher ont donné moins de grappes, mais des baies plus grosses ; les vignes moldaves ont poussé plus vigoureusement, et le rendement des vignes de l’Ohio n’a pas changé. En Alsace, un paillis de plaquettes de bois a réduit le rendement par faim d’azote ; le miscanthus ne faisait pas partie de cet essai. Dans des vergers de pommiers polonais, la paille de miscanthus étalée sous les arbres a donné une croissance du tronc plus forte, un rendement égal à celui de la bande désherbée chimiquement et des fruits plus gros, même si un herbicide restait nécessaire contre les adventices vivaces.

7,3–7,5 pH du sol sous tous les paillages après deux ans, le même qu’en sol nu

Parmi les onze paillis figuraient l’écorce de pin et les coques de cacao, et l’écorce n’a pas acidifié le sol, bien qu’on lui prête souvent cet effet.

L’azote sous un paillis de surface

Sur des plantes installées, aucun prélèvement d’azote n’a été mesuré sous une couche de surface de miscanthus ou de plaquettes de bois. Les broyats enfouis dans le sol immobilisent l’azote, et des plaquettes de bois fraîches entassées en couche épaisse sur un sol forestier nu ont ramené la teneur en nitrates du sol au quart de sa valeur pendant une saison.

Les usages

Usages sur les massifs publics et d’ornement, les rangs de légumes et de fraisiers, le sol des serres, sous les vignes et les arbres fruitiers, et sur les plantes en conteneur

Les communes françaises comptent parmi les principaux utilisateurs de paillis de miscanthus. Depuis 2017, elles ne peuvent plus employer de produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics, et une synthèse sur la filière française du miscanthus retient cette année comme le tournant de la demande en paillage. Dans les autres usages aussi, le paillis couvre le sol à la place d’un herbicide ou du binage.

Massifs d’ornement et espaces publics

C’est l’usage le mieux documenté. Rethel, dans les Ardennes, paille ses massifs avec du miscanthus, sur 5–8 cm, depuis 2009, et Ableiges, dans le Val-d’Oise, depuis 2017. L’institut bavarois d’horticulture (LWG Veitshöchheim) recommande 3–5 cm de miscanthus broyé pour ses mélanges de vivaces et à la place du paillage minéral en lisière de bois. Aux Pays-Bas, les entreprises d’espaces verts qui travaillent pour les communes le posent à 5 cm et signalent moins de passages de binage.

Planches de légumes

Le paillis se pose sur 3–5 cm entre les rangs et autour des cultures repiquées, une fois les plants en place. On ne l’étale pas sur un semis, car les plantules ne pourraient pas traverser la couche, et l’on ne paille pas l’oignon, l’échalote ni l’ail, parce que la couche retient l’humidité. En France, le paillis de miscanthus en sac est vendu pour les fraisiers et le potager.

Fraisiers

Aucun essai n’a testé le miscanthus sous fraisiers. Les paillis organiques évitent le contact des fruits avec le sol ; dans un essai finlandais, la pourriture grise a touché 3–14 % de la récolte sous paille, sous natte de lin et sous plaquettes de bois, et les fraises récoltées sur plaquettes ont eu la plus longue durée de conservation. Dans un essai allemand, des escargots se sont abrités sous un film de paillage. Autour des fraisiers, la couche est maintenue mince et les plants sont contrôlés régulièrement.

Sol de serre et de tunnel

Dans une serre autrichienne, un paillis de foin et d’herbe a réduit de moitié l’eau d’irrigation des concombres cultivés en pleine terre ; dans une serre espagnole, la paille a donné d’aussi bons résultats que le film plastique sur tomate. Les lignes de goutte-à-goutte sont posées sous le paillis, et l’engrais est apporté par ces lignes. Sous abri, le sol était plus chaud sous tous les paillis.

Vignes et vergers

Sous les vignes et les arbres fruitiers, le paillis est posé en bande de 50–80 cm de large sur 10–20 cm d’épaisseur ; avec un épandeur latéral, le chantier demande 10–18 heures par hectare. Il remplace le désherbage mécanique et l’herbicide pendant un à deux ans. L’essai du Loir-et-Cher a chiffré le coût à environ 2 200 € par hectare et par an, matériau et épandage compris, ce qui dépasse largement le coût du désherbage mécanique. Les producteurs l’emploient sur les parcelles en pente ou étroites, où le désherbage mécanique est difficile.

Plantes en conteneur

Sur les plantes en conteneur, un surfaçage de 2–3 cm peut servir contre les hépatiques et les adventices. Aucun essai en conteneur n’a été mené avec le miscanthus ; l’épaisseur est donc fixée par analogie avec les balles de riz étuvé, qui ont permis une maîtrise presque complète des hépatiques à 1,3–2,5 cm dans un essai américain. Les surfaçages légers s’envolent des pots et sont grattés par les oiseaux ; le matériau est donc arrosé après la pose.

Paillages dans les espaces publics, en plein champ, sous tunnel et en vigne

  • Jardin public · Normandie
    Des arbustes dans un massif de jardin public couvert d’un paillis de broyat clair

    Un massif paillé dans un jardin public en Normandie. Photo : Jmalo, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Parc · Burghley House
    Un large cercle de paillis autour du tronc d’un vieil arbre, dans un parc engazonné

    Paillis étalé au pied d’un vieux chêne dans le parc de Burghley House, près de Stamford, en Angleterre, en avril 2017. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Dépôt municipal · Lille
    Un grand tas de miscanthus broyé dans un dépôt, avec des arbres à l’arrière-plan

    Miscanthus broyé livré en vrac dans un dépôt municipal à Lille, novembre 2018. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Fraisiers · Dülmen
    Des rangs de fraisiers sur une épaisse couche de paille claire

    Fraisiers sur paille près de Dülmen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie : l’usage pour lequel le paillage de miscanthus est vendu en sac en France. Photo : Dietmar Rabich, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Tunnel · Cornouailles
    Des planches de légumes surélevées dans un tunnel, avec une allée en plaquettes de bois entre elles

    Planches surélevées dans un tunnel du Kehelland Trust, en Cornouailles, en avril 2025, avec des plaquettes de bois dans l’allée qui les sépare. Photo : David Medcalf, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

  • Vigne · France
    Des rangs de vigne en hiver, avec une bande de paille étalée sous chaque rang

    Rangs de vigne paillés en France, en février. Photo : Olivier Lemoine, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le matériau

Le broyat se compose de tiges sèches et ligneuses, légères, au pH proche de la neutralité et pauvres en éléments nutritifs

À la fin de l’hiver, le miscanthus a perdu la plupart de ses feuilles, et la récolte se compose surtout de tiges sèches. Les tiges contiennent 8–12 % de lignine, 41–53 % de cellulose et seulement 0,4 % d’azote. Les chiffres ci-dessous proviennent d’analyses de tiges du clone récoltées au printemps en Grande-Bretagne et des valeurs de référence allemandes pour les combustibles.

0,4 %d’azote dans les tiges coupées au printemps ; 0,9 % dans les feuilles
environ 115rapport carbone/azote des tiges ; 70–150 environ pour un broyat de plante entière
pH 6,5–7,2du broyat
100–130 kgpar mètre cube tassé ; environ 75 pour le broyat frais en sortie de récolteuse
Composition, pH et masse volumique apparente du broyat
6 kg par mètre carré pour une couche de 5 cm

La couche contient à peu près 10–40 g d’azote et 20–50 g de potasse par mètre carré, libérés sur plusieurs années. Ces quantités sont trop faibles pour que la couche joue le rôle d’un engrais ou augmente la salinité du sol.

Broyat de tiges et broyat de plante entière

Les feuilles contiennent deux fois plus d’azote que les tiges, cinq fois plus de silice et trois fois plus de cendres. Le broyat issu d’une récolte de fin d’hiver, composé surtout de tiges, est plus clair et se décompose plus lentement qu’un broyat de plante entière coupé à l’automne.

Avantages du matériau

  • Aucune graine de miscanthus. Le clone ne produit pas de graines. Une récolte sale peut apporter des graines d’adventices et de la terre ; les parcelles sont donc tenues propres et le broyat est criblé.
  • Ni tanins ni acidité. Le broyat a un pH proche de la neutralité, et le pH du sol sous la couche n’a pas changé dans l’essai français.
  • Décomposition lente. Les tiges sont riches en lignine et en cellulose, et dans des essais en sachets de litière, la paille de miscanthus s’est dégradée plus lentement que la paille de blé.
  • Couleur claire. La surface pâle réfléchit davantage la lumière qu’un sol nu ou qu’un paillis sombre et devrait garder le sol plus frais en plein air, mais aucune température du sol n’a été mesurée sous miscanthus.

Inconvénients et précautions

  • Le faible poids. Le broyat est léger, si bien qu’une couche fraîche s’envole tant qu’elle n’a pas été arrosée ; les chargements sont bâchés pendant le transport.
  • Le feu. Dans des essais d’inflammabilité, qui ne portaient pas sur le miscanthus, la paille de blé s’est enflammée au contact d’une briquette de charbon de bois incandescente bien plus souvent que l’écorce ou les plaquettes de bois ; par ailleurs, un tas de broyat récolté humide s’échauffe au stockage. Le broyat est donc stocké au sec, et la couche est tenue à l’écart des barbecues et des feux de jardin.
  • Les moisissures. Par automne humide, des champignons inoffensifs se développent en surface ; l’un d’eux, le coprin, peut tacher les dallages.
  • Les rongeurs et les limaces. Les paillis peuvent abriter les uns comme les autres. L’essai allemand en verger signale des rongeurs, et dans des essais britanniques le paillis n’a pas fait barrière aux limaces. Aucun essai n’étaye l’idée que le miscanthus repousse les limaces.
La surface pâle et régulière d’un tas de miscanthus broyé, qui remplit tout le cadre
La surface d’un tas de miscanthus broyé dans un dépôt à Lille, novembre 2018. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Deux champignons bleu-vert pâle qui poussent à travers un paillis de plaquettes de bois
Des strophaires bleues poussent à travers un paillis de plaquettes de bois, à Lille, fin novembre 2017. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Les quantités

Épaisseur de la couche selon l’usage, volume et poids de paillis nécessaires

Le volume de paillis s’obtient en multipliant la surface par l’épaisseur de la couche. À 5 cm, un mètre carré demande 50 litres ; un sac de 125 litres couvre donc deux mètres carrés et demi. Le calculateur ci-dessous convertit une surface et une épaisseur en mètres cubes, en nombre de sacs et en poids, et donne la part de la récolte d’un hectare nécessaire pour cette surface.

EmplacementÉpaisseurLitres par m²Source
Massifs d’arbustes et de vivaces, espaces publics5 cm ; 7–10 cm là où les adventices sont nombreuses50–100Essai FREDON 2012 ; Chambre d’agriculture de Normandie ; pratique de la ville de Rethel
Mélanges de vivaces dans leurs premières années3–5 cm30–50LWG Veitshöchheim
Rangs de légumes et de fraisiers3–5 cm, une fois les plants en place30–50Fiche d’une plateforme de compostage allemande ; sacs vendus au détail en France
Vignes et vergers, sous le rang10–20 cm sur une bande de 50–80 cm100–200 par m² de bandeDEPHY Loir-et-Cher ; IFV Gard ; préconisations des Pays de la Loire
Plantes en conteneur2–3 cm en surfaçage20–30Par analogie avec les balles de riz (essai américain)
Les volumes s’entendent pour un broyat tassé ; le broyat frais, en sortie de récolteuse, occupe environ deux fois plus de volume et se tasse en quelques semaines.

Calcul du paillis pour une surface donnée

Paillis nécessaire
5 m³
Sacs de 125 litres
40
Poids à 120 kg par mètre cube
600 kg
Part de la récolte d’un hectare
3,6 %

Le calcul suppose un broyat tassé à 120 kg par mètre cube et un hectare de miscanthus adulte produisant environ 140 mètres cubes de broyat par an, valeur proche du milieu de la fourchette de 110–175 m³ indiquée plus bas.

Un hectare de miscanthus adulte produit 12–18 tonnes de matière sèche par an, soit 14–21 tonnes de broyat à l’humidité de vente, ou environ 110–175 mètres cubes tassés. Cette quantité suffit à pailler environ 2 200–3 500 mètres carrés à 5 cm, soit les massifs d’un grand parc ou les rangs d’une exploitation maraîchère, chaque année pendant une vingtaine d’années.

Le paillis s’étale sur un sol propre et humide, après la plantation ou le désherbage, puis il est arrosé pour que la couche supérieure se lie. Quand la couche s’amincit, on ajoute du paillis frais par-dessus l’ancien. On ne l’enfouit pas et on ne l’étale pas sur les semis. En vigne, un groupe de viticulteurs français a associé un paillis posé humide juste avant un gel à des dégâts de gel un peu plus importants sur les ceps.

20 m² couverts par un mètre cube à 5 cm

À 8 cm, un mètre cube couvre 12,5 mètres carrés, et à 3 cm environ 33. La fiche de la plateforme de compostage allemande citée dans le tableau ci-dessus indique que le volume en mètres cubes s’obtient en multipliant la surface en mètres carrés par 0,04, ce qui correspond à une couche de 4 cm.

Le paillis obtenu avec une balle

Une grosse balle cubique de 2,6 mètres cubes donne environ six mètres cubes de paillis non tassé, de quoi couvrir quelque 120 mètres carrés à 5 cm. Une balle ronde de 250–350 kg couvre 40–60 mètres carrés.

De grosses balles cubiques de miscanthus posées sur un champ récolté, au-dessus d’une large vallée plate
Grosses balles cubiques de miscanthus sur le champ récolté, près de Bonby, North Lincolnshire, Angleterre, 2013. Photo : David Wright, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Des balles rondes de miscanthus posées sur un champ récolté
Balles rondes de miscanthus sur l’un de nos champs après la récolte. Photo : Zelena Biomasna Energija.
Comparaison

Le miscanthus comparé à la paille, à l’écorce, aux plaquettes de bois, à la chènevotte, aux coques de cacao et au film

Les données du tableau proviennent des deux essais comparatifs du chapitre 02, des comptes rendus d’essais en vigne et des études citées sous le tableau. Dans ces sources, le miscanthus dure à peu près aussi longtemps que l’écorce de pin, les plaquettes de bois et la chènevotte, et plus longtemps que la paille.

MatériauDuréeGraines apportéespH du solAzoteAutres
Broyat de miscanthusDeux saisons à 5 cm ; sous les vignes, 10–15 cm renouvelés tous les 1–2 ansPas de graines de miscanthus ; graines d’adventices du champ possiblespH 6,5–7,2 ; pH du sol inchangé après deux ansAucun prélèvement mesuré sous une couche de surface ; forte immobilisation en cas d’enfouissementCouleur claire ; léger, donc arrosé après la pose ; taches de moisissure par automne humide ; s’enflamme probablement au contact de braises, comme la paille (non testé)
Paille de céréalesSix à douze mois ; 40 cm sous les vignes, renouvelés chaque annéeLes graines de céréales lèvent ; les graminées vivaces s’enracinent dans la coucheLégère hausse dans un essai sous serreFaible ; plus riche en azote que le miscanthusBon marché ; aspect usé en quelques mois ; s’enflamme au contact de braises
Écorce de pin ou d’épicéaDeux à trois ansAucuneAucun changement mesurable après deux à trois ans dans deux essais, bien que l’écorce passe souvent pour acidifier le solÀ ne pas enfouirSombre ; lourde ; s’enflamme rarement au contact de braises
Plaquettes de bois, BRFS’affaissent dès la troisième année à 15 cmFaibleAucun changement mesuréForte immobilisation de l’azote mesurée sous plaquettes fraîches dans des vignes alsaciennes et dans un essai forestierSouvent gratuites sur l’exploitation ; gros volumes à déplacer ; retournées par les sangliers
ChènevotteDeux saisons à 5 cmLevées de chanvre si la chènevotte est mal nettoyéeN’acidifie pasImmobilise un peu d’azote en surface les premières annéesRetient quatre fois son poids d’eau ; environ 2 € par m² et par an dans les essais wallons
Coques de cacaoExcellente maîtrise des adventices pendant 18 mois dans l’essai françaisAucuneLibèrent des minéraux ; ont augmenté la matière organique du solFaibleSombres ; réchauffent le sol ; toxiques pour les chiens ; importées des tropiques
Toile tissée ou filmToile : deux ans et plus ; film biodégradable : une saisonAucuneAucunAucunLes escargots s’abritent sous le film ; chaleur et acariens sur plastique noir ; rien ne retourne au sol
FREDON 2012, CRA-W 2014, Réussir Vigne 2017 et 2025, Kivijärvi et al. (MTT Finlande), Marín-Guirao et al. 2022, Rogstad et al. 2014 (inflammabilité), Dresbøll & Magid 2006 (stabilité), Chalker-Scott 2007 et Homyak et al. 2008 (azote sous plaquettes de bois).

Les sept matériaux du tableau

  • Broyat de miscanthus
    Gros plan sur des tiges de miscanthus broyées, à la moelle blanche et à l’écorce claire

    Tiges de miscanthus broyées dans un dépôt à Lille, novembre 2018. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Paille de céréales
    Des rangs de fraisiers avec de la paille claire étalée dans les allées qui les séparent

    Rangs de fraisiers avec de la paille étalée dans les allées, à Holt, près de Wrexham, en juin 2014. Photo : Jeff Buck, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

  • Écorce
    Des marguerites violettes dans un massif couvert d’un paillis d’écorce brun

    Paillis d’écorce autour d’une marguerite du Cap, devant une maison de Berlin-Karow, en avril 2007. Photo : Geoprofi Lars, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Plaquettes de bois
    Un massif couvert d’un paillis de grosses plaquettes de bois

    Paillis de plaquettes de bois sur un massif du jardin de la RHS à Wisley, dans le Surrey. Photo : Rowan Adams, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Chènevotte
    Un panier en osier rempli de chènevotte claire, avec une étiquette où on lit le mot Hanfschäben

    Chènevotte, le cœur ligneux broyé de la tige de chanvre, dans un panier portant une étiquette en allemand, 2008. Photo : Florian Gerlach, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

  • Coques de cacao
    Un massif couvert de coques de cacao sombres, avec des feuilles de pissenlit et un panneau d’avertissement écrit à la main

    Paillis de coques de cacao dans un massif, avec un panneau indiquant qu’il est toxique pour les chiens, 2009. Photo : Leslie Seaton, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

  • Film
    Des fraises mûres posées sur un film de paillage en plastique noir

    Fraises sur un film de paillage en plastique noir dans une cueillette libre-service de la Vorderpfalz, en Allemagne, en juin 2021. Photo : Fischer.H, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les plaquettes de bois, souvent gratuites sur une exploitation, sont le matériau le plus souvent comparé au miscanthus. Une couche épaisse de plaquettes fraîches sur sol nu peut immobiliser l’azote pendant une saison, comme on l’a observé dans des vignes alsaciennes et dans un essai forestier, et une couche de 15 cm s’affaisse dès la troisième année ; une fois vieillies, les plaquettes font un bon paillis. L’écorce dure à peu près aussi longtemps que le miscanthus. Elle est plus lourde et plus sombre, et elle s’enflamme rarement au contact de braises. La paille est le moins cher de ces matériaux et le moins durable, et elle apporte des graines de céréales.

Les prix de ces matériaux et le coût d’une couche au mètre carré sont comparés au chapitre 07.

Un tas d’écorces broyées qui fume dans un parc, en novembre
Un tas d’écorces broyées qui fume dans un parc de Vienne, en novembre ; le matériau ligneux frais s’échauffe lorsqu’il commence à se décomposer. Photo : Herzi Pinki, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Coûts et marges

Le coût d’une couche de 5 cm au mètre carré et la marge par hectare du paillis, comparée à celle du combustible

Dans le premier tableau, les prix du miscanthus, de l’écorce, des plaquettes de bois et de la paille sont convertis en coût d’une couche de 5 cm, qui demande 50 litres par mètre carré ; pour une autre surface, le volume peut être obtenu avec le calculateur du chapitre 05. Dans le second tableau, nous calculons la marge par hectare d’une récolte vendue en paillis et la comparons à celle d’une vente en balles de combustible.

Coût d’une couche de paillis de 5 cm au mètre carré

Matériau et mode de venteAu m² à 5 cmPrix au m³Lieu, date et base du prix
Miscanthus en vrac, enlevé à la ferme1,50–2,40 €30–48 €Trois exploitations en France, 2026 ; un prix TTC, les deux autres sans mention de la TVA
Miscanthus en big bag, à la ferme ou chez un négociant en matériaux3,00–4,00 €60–80 €France, 2026 ; exploitations 60–67 €, négociant 65–80 € HT
Miscanthus en sac, en jardinerie et en grande surface de bricolage8,90–14,00 €178–280 €Allemagne, Belgique et France, 2026 ; sacs de 50–70 litres, TTC
Miscanthus en sac de 125 litres, dans une enseigne française de jardinerie16,00–20,00 €320–400 €France, 2026 ; TTC
Paillis d’écorce en vrac, sur une plateforme de compostage2,60–2,95 €52–59 €Allemagne, 2026 ; départ plateforme, l’un des tarifs TVA à 7 % comprise
Paillis d’écorce en sac, en grande surface de bricolage3,65–6,00 €73–120 €Allemagne et Autriche, 2026 ; sacs de 50–60 litres, TTC
Paillis d’écorce en sac, dans les jardineries et les grandes surfaces de bricolage françaises9,30–16,00 €186–320 €France, 2026 ; sacs de 50–70 litres, TTC
Plaquettes de bois en vrac1,50–3,45 €30–69 €France, Allemagne et Pays-Bas, 2026 ; BRF à partir de 30 €, plaquettes criblées et plaquettes de scierie 49–69 €
Paille de céréales en balles, départ ferme0,60–1,00 €12–20 €90–150 € la tonne en Allemagne et en France, 2025 ; conversion sur la base d’environ 130 kg par mètre cube de balle
Les prix sont ceux qu’affichaient les vendeurs en octobre 2026, et en 2025 pour la paille. Une couche de 5 cm demande 50 litres par mètre carré ; selon notre conversion, le coût au mètre carré correspond donc au vingtième du prix au mètre cube. Les prix en sac s’entendent TVA comprise ; les prix en vrac sont repris tels qu’ils sont affichés. Sources : tarifs d’exploitations et d’un négociant en France, prix de détail en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en France, Kompostanlagen Schwarzwald-Baar-Kreis (plateformes de compostage) et Reterra pour l’écorce et les plaquettes, Landwirtschaftskammer Niedersachsen (chambre d’agriculture de Basse-Saxe) et Réussir pour la paille. Ce sont tous des prix de marché. Nous n’avons pas encore fixé le prix de notre propre paillis.

Marge par hectare et par an selon le débouché, d’après notre calcul

DébouchéMarge par hectare et par anVendu par hectarePrixRécolte et préparation
Balles vendues comme combustible en bord de champ, enlevées par l’acheteur750–1 780 €14–21 t de balles110–115 € la tonneMise en balles, 30–56 € la tonne
Paillis en vrac vendu à une commune, une coopérative ou un paysagiste1 200–4 400 €93–157 m³ de paillis, plus 2–3 t de fines de criblage vendues comme combustible16–30 € le m³26–42 € par tonne récoltée pour l’ensileuse, le transport jusqu’au hangar, le stockage couvert, le chargement et le criblage
Paillis en vrac vendu à la ferme, enlevé par les acheteurs2 000–7 200 €Comme ci-dessus25–48 € le m³Comme ci-dessus
Paillis en sacs de 50 litres, vendu aux distributeurs au prix départ1 600–6 600 €1 860–3 140 sacs, plus les fines de criblage335–466 € la tonne en 2019, soit environ 2,00–2,80 € le sacComme ci-dessus, plus 0,60–1,00 € par sac pour le sac, l’ensachage et la palette
Notre calcul pour un hectare de miscanthus adulte, une année de pleine production. Le chiffre bas associe 12 t de matière sèche au prix le plus bas et aux coûts les plus élevés, le chiffre haut 18 t au prix le plus élevé et aux coûts les plus bas. La récolte est vendue à environ 14 % d’humidité. Le criblage retire 10–20 % du broyat ; cette fraction est vendue comme combustible, et le paillis restant est compté à 120 kg par mètre cube tassé. La marge correspond au chiffre d’affaires diminué des coûts de récolte et de préparation ; elle s’entend hors rhizomes, fermage, frais généraux, travail de l’exploitant et frais de commercialisation. Le prix du combustible est celui de l’article sur le combustible. Les prix du paillis et les coûts de récolte, de stockage et de chargement proviennent de FranceAgriMer 2020 (données 2019), de la chambre d’agriculture de Normandie (2022) et de trois exploitations françaises (2026), les tarifs de prestation du Maschinenring Westfalen-Lippe, en Allemagne (2024), et les coûts de criblage du manuel qualiS de la FNR et du TFZ. Le coût de l’emballage est une hypothèse de notre part, faute de chiffre publié.

Coût au mètre carré et par an

Une couche de 5 cm de miscanthus dure environ deux saisons de végétation. Selon notre calcul, le miscanthus en vrac acheté à la ferme revient donc à 0,75–1,20 € par mètre carré et par an, et le miscanthus en sac acheté en jardinerie ou en grande surface de bricolage à 4,45–7,00 €. Dans les essais wallons, le coût était d’environ 0,75 € pour le miscanthus acheté chez le producteur et d’environ 1 € pour le binage ou une toile tissée. Rethel, qui achète en vrac, indique environ 1,50 € par mètre carré posé à 5–8 cm. La paille est le matériau le moins cher au mètre carré, mais une couche de paille dure six à douze mois.

Conditions de la vente en paillis

Pour vendre la récolte en paillis, il faut un stockage au sec pour 110–175 mètres cubes de broyat par hectare et des acheteurs à proximité : les producteurs français vendent le paillis en vrac dans un rayon d’environ 30 km, et les transformateurs achètent dans un rayon de 80 km. Si une enseigne exige une livraison à 500 km, la marge sur le paillis en sac tombe à 400–4 900 €. En 2019, il s’est vendu en France environ 11 500 t de miscanthus pour le paillage, soit la récolte de 550–820 ha environ. Les fines de criblage et le paillis invendu peuvent être vendus comme combustible.

Marché et notre projet

Le marché du paillis de miscanthus, surtout français, et le produit que nous préparons

La France compte environ 11 000 ha de miscanthus sur plus de 2 000 exploitations, et le paillage est l’un des deux ou trois principaux débouchés de la culture, avec la litière animale et le combustible. Une étude réalisée en 2020 pour FranceAgriMer évaluait la part du paillage à environ un cinquième de la récolte. Les coopératives françaises le vendent en vrac au mètre cube, en big bags, en balles compressées et en sacs de 8–25 kg. En Allemagne et en Autriche, il se vend en sac à côté du paillis d’écorce, et aux Pays-Bas, des entreprises d’espaces verts le posent pour les communes. Nous n’avons trouvé aucun paillis de miscanthus en sac chez un détaillant britannique.

Le paillis que nous préparons

Nous préparons un paillis en sac issu de nos propres champs en Croatie. La culture est coupée en fin d’hiver à 15–20 % d’humidité, broyée, criblée pour éliminer les poussières et stockée au sec. Un composant de substrat suivra ; il est décrit dans un article à part.

Les mentions sur l’étiquette

L’étiquette ne mentionnera que ce que les essais étayent : le paillis ne contient aucune graine de miscanthus, a un pH d’environ 7 et ne modifie pas le pH du sol, ne demande pas d’apport d’azote sur des massifs installés, dure environ deux saisons à 5 cm et doit être arrosé après l’épandage. Elle ne mentionnera ni un effet contre les limaces, ni une durée de trois ans, ni un effet rafraîchissant, car les essais ne les étayent pas.

Distances de transport

Le broyat est léger et volumineux, si bien que le coût du transport augmente vite avec la distance ; c’est pourquoi les producteurs français plantent près des communes qu’ils approvisionnent. Nos premières livraisons iront aux acheteurs les plus proches ; le vrac au mètre cube et les big bags seront disponibles avant le sac destiné à la vente au détail.

Des chaumes au premier plan, devant un peuplement de miscanthus haut et sec, sous un ciel gris
L’un de nos champs en hiver, avec les chaumes de la partie récoltée devant la culture encore sur pied. Photo : Zelena Biomasna Energija.

Cultiver du miscanthus pour le paillage

Une exploitation maraîchère, une pépinière ou une commune qui dispose de quelques hectares peut produire son propre paillis. Un hectare est planté une seule fois puis récolté chaque fin d’hiver pendant une vingtaine d’années, à la faucheuse et à la presse ou à l’ensileuse ; la surface couverte par une récolte est indiquée au chapitre 05, et la marge par hectare au chapitre 07. Les rhizomes pour un hectare coûtent 3 000–3 600 € à notre tarif. La plantation, le désherbage de la première année et la récolte sont décrits dans l’article sur la plantation et le guide de culture, et l’article sur la haie décrit une haie dont les tiges coupées en hiver peuvent servir de paillis sur les massifs voisins.

Contact · 09

Demandes concernant le paillis et les rhizomes

Communes et paysagistes

Nous fournirons du vrac au mètre cube et des big bags issus de notre récolte, sur accord préalable et selon la distance. Merci d’indiquer le volume, l’épaisseur de la couche et la saison.

Jardineries et détaillants

Le paillis en sac est encore en préparation. Les détaillants qui laissent leurs coordonnées recevront la fiche technique et le prix dès qu’il sera prêt.

Producteurs qui veulent leur propre approvisionnement

Nous fournissons des rhizomes du clone pour une parcelle proche du lieu d’utilisation ; la plantation a lieu au printemps.

À lire ensuite

Le substrat, la haie et la plantation

FAQ

Questions fréquentes

Sur les massifs et autour des arbustes, on étale en général une couche d’environ 5 cm, soit 50 litres par mètre carré, et de 7–10 cm là où les adventices sont nombreuses ou lorsque le paillis doit durer plus longtemps. En vigne et en verger, on pose sous le rang une couche de 10–20 cm. Dans l’essai français mené sur des massifs communaux, 5 cm de miscanthus ont maîtrisé les adventices pendant 18 mois, et les auteurs conseillaient une couche un peu plus épaisse, parce que les morceaux irréguliers laissent de petits interstices.

Une couche de 5 cm dure environ deux saisons de végétation. Dans l’essai français, elle maîtrisait encore les adventices après 18 mois et se décomposait visiblement après deux ans. Un essai allemand en verger lui attribue une durée de deux périodes de végétation, comme pour l’écorce de pin et les plaquettes de bois, soit deux fois plus longtemps que la paille. Sous les vignes, les couches plus épaisses sont renouvelées chaque année ou tous les deux ans, ou posées en deux passages pour durer trois à quatre ans.

Sur des plantes installées, aucun prélèvement d’azote n’a été mesuré sous une couche posée en surface. Sous 10–20 cm de miscanthus, des vignes n’ont montré aucun changement de leur état azoté, et une revue bibliographique consacrée aux plaquettes de bois fait le même constat. Enfoui dans le sol ou incorporé à un substrat, le matériau immobilise fortement l’azote ; on l’étale donc en surface et l’on recharge la couche quand elle s’amincit. Sur sol pauvre, il faut surveiller les semis et les jeunes plants pour déceler une éventuelle carence en azote.

Il ne contient aucune graine de miscanthus, parce que le clone n’en produit pas, et dans l’essai français aucune adventice n’est arrivée avec le matériau. Tout paillis récolté au champ peut néanmoins apporter des graines d’autres plantes, ou de la terre, si la parcelle était enherbée ou la récolte sale. La paille peut aussi contenir des graines de la céréale dont elle provient ; dans un essai espagnol sous serre, les graines de céréales présentes dans la paille ont levé pendant toute la saison.

Rien ne permet de l’affirmer. Aucun essai n’a testé le miscanthus contre les limaces, et des essais indépendants menés avec d’autres paillis ont montré qu’un paillis ne fait pas barrière aux limaces et peut abriter des escargots. Nous ne revendiquons pas cet effet pour notre paillis.

On peut l’utiliser sur les cultures en pleine terre. Dans un essai autrichien, le compartiment paillé de foin et d’herbe a consommé environ moitié moins d’eau d’irrigation que le compartiment non paillé, avec des rendements de concombre égaux ou légèrement supérieurs. Dans une serre espagnole, la paille a donné les mêmes résultats que le film plastique sur tomate. Aucun de ces deux essais n’a porté sur le miscanthus. Sous abri, le sol était plus chaud sous tous les paillis ; l’effet rafraîchissant attendu en plein air ne s’applique donc pas. Les lignes de goutte-à-goutte se posent sous le paillis, et un engrais apporté en surface n’atteint pas le sol à travers la couche.

Un hectare qui produit 12–18 tonnes de matière sèche donne environ 110–175 mètres cubes de broyat tassé par an, de quoi pailler 2 200–3 500 mètres carrés à 5 cm. Une grosse balle cubique de 2,6 mètres cubes donne environ six mètres cubes de paillis non tassé, assez pour couvrir quelque 120 mètres carrés.

L’essentiel des volumes se vend en France. En 2026, dans les exploitations françaises, le paillis en vrac enlevé par l’acheteur coûte 30–48 € le mètre cube, soit 1,50–2,40 € le mètre carré pour une couche de 5 cm. En sac, dans les jardineries et les grandes surfaces de bricolage d’Allemagne, de Belgique et de France, il revient à 178–280 € le mètre cube, et à 320–400 € en sac de 125 litres dans une enseigne française de jardinerie. Le miscanthus en sac coûte à peu près autant qu’une écorce de marque, et deux à trois fois plus qu’un paillis d’écorce ordinaire vendu en grande surface de bricolage. Nous préparons un paillis issu de nos propres champs pour la vente au détail, et nous écrirons à toutes les personnes qui auront laissé leurs coordonnées dans le formulaire ci-dessous dès qu’il sera mis en vente.

Une note de notre part

À propos de cet article

Nous avons rédigé cet article nous-mêmes. Nous cultivons le miscanthus et vendons du matériel de plantation ; nous nous sommes appuyés sur les sources citées plus bas et sur nos propres chiffres.

Les informations étaient à jour à la date de publication. Les prix et les produits évoluent, et des erreurs sont possibles : vérifiez les chiffres avant de vous y fier.

Si vous relevez une erreur ou disposez de chiffres plus précis, écrivez-nous à info@miscanthus.eu ou utilisez le formulaire ci-dessous.

Signé L’équipe de Zelena Biomasna Energija
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Un peuplement de miscanthus sec au printemps, plus haut d’une tête qu’une personne qui lève le bras à côté, des arbres aux jeunes feuilles derrière
L’un de nos champs au printemps. Les tiges sèches de la saison passée dépassent une personne qui lève le bras.

Sources

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  14. Chambre d’agriculture Pays de la Loire (2023). Essais de couvre-sols pour gérer les adventices : retour sur dix ans d’expérimentations (miscanthus sous le rang de vigne, 20 cm en deux passages).
  15. Paille de miscanthus en paillage dans des vergers de pommiers, Pologne : Agronomy 11(1) : 58 (2021, Varsovie, 2012–2016) ; Acta Agrobotanica (2021) et Agriculture 12(12) : 2070 (2022), Wrocław.
  16. Agrex Consulting pour FranceAgriMer (2020). Étude sur la formation des prix dans la filière française de production du miscanthus, rapport final (enquête de janvier à mars 2020) : prix du paillis à la production, chez les transformateurs et en rayon, coûts de récolte, de transport au champ, de stockage et de chargement, distances de vente du paillis.
  17. Prix du paillis de miscanthus dans des exploitations et chez un négociant en France, octobre 2026 : Compostoise (Oise) ; miscanthus.cc (Finistère) ; Miscanthus du Goëlo (Plouha) ; BHT Matériaux (Amilly), également pour les plaquettes de bois et l’écorce. Prix de détail, octobre 2026 : OBI.de (Compo Bio-Gartenmulch 50 L, paillis d’écorce 50–60 L), OBI.at (paillis d’écorce 60 L), Hubo.be (paillis de miscanthus Agrofino 60 L), Gamm Vert (paillis de miscanthus et d’écorce), Castorama et Truffaut (paillis d’écorce).
  18. Kompostanlagen Schwarzwald-Baar-Kreis (2026). Preisliste ab 01.01.2026 (paillis d’écorce et plaquettes de scierie). RETERRA Service GmbH, annonces 2026. Gamma (Pays-Bas), plaquettes de bois, 2026. topagrar (20 août 2025). Strohpreis 2025 (Landwirtschaftskammer Niedersachsen). Réussir / La Dépêche (27 mai 2025). Marché des oléagineux et coproduits (prix de la paille dans le Nord-Est de la France).
  19. Maschinenring Westfalen-Lippe / Landwirtschaftskammer NRW (2024). Erfahrungssätze (tarifs d’ensileuse). FNR / TFZ, manuel qualiS (coûts de criblage). Chambre d’agriculture de la Gironde (2024). Fiche diversification miscanthus (stockage et chargement). Baromètre du transport TimoCom, T4 2025, via transport-online.de (prix du fret routier au kilomètre).
  20. Zelena Biomasna Energija : nos champs, notre récolte et nos projets de produits, ainsi que les calculs du chapitre 07.
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