Des champs d’extraction de tourbe drainés, avec de longues rangées de tourbe découpée, un tas de tourbe fraisée et des éoliennes au-delà des arbres
Les produits de la récolte · Miscanthus × giganteus · Supports de culture

Le miscanthus comme support de culture : des cultures en pot de qualité commerciale avec jusqu’à 30 % de fibre dans le mélange, et des rendements en légumes aussi élevés sur pains de fibre que sur laine de roche

Le miscanthus broyé est testé dans les supports de culture depuis 1997. Dans les mélanges pour pots et conteneurs, les cultures ont atteint la qualité commerciale avec 15–30 % de fibre, et les essais de la recherche allemande sont allés jusqu’à 40 % avec un apport d’azote supplémentaire. À Bonn, les tomates et les concombres cultivés sur des pains composés uniquement de fibre ont donné le même rendement commercialisable que sur laine de roche, et une pépinière de démonstration allemande conduit ses cultures sur un mélange à 15 % de fibre fermentée. La fibre exige un complément d’azote et des arrosages plus fréquents que la tourbe. L’article traite aussi de la transformation, des coûts, de la politique de la tourbe et du produit que nous préparons à partir de nos propres champs.

Le paillis : le paillis de miscanthus · La plante : qu’est-ce que le miscanthus · Les essais : chapitre 02

Part de fibre en pot compatible avec la qualité commerciale15–30 %
Part testée avec un apport d’azote dans la recherche allemande40 %
Fibre des pains de Bonn, où tomates et concombres ont produit autant que sur laine de roche100 %
Azote supplémentaire par litre de mélange pour 10 % de fibre brute50 mg
L’essentiel

Ce qu’il faut retenir pour les producteurs, les fabricants de substrats et les jardiniers

  • Les cultures ont atteint la qualité commerciale dans des mélanges pour pots et conteneurs contenant 15–30 % de fibre de miscanthus.

    Dans les essais polonais, des Hydrangea, des Aster et des Spiraea en pots ont atteint la qualité commerciale jusqu’à 30 %, et des pépinières néerlandaises ont cultivé des Thuja à 30 %. Une pépinière de démonstration allemande conduit ses cultures sur un mélange à 15 % de fibre fermentée, et les essais de la recherche allemande sont allés jusqu’à 40 % avec un apport d’azote supplémentaire.
  • Sur des pains de culture fertirrigués pour légumes, la fibre employée seule a donné le même rendement que la laine de roche.

    À Bonn, les tomates et les concombres cultivés sur miscanthus broyé ont donné le même rendement commercialisable et la même qualité de fruits que sur laine de roche, sans modification de la conduite de culture. Dans des essais ultérieurs, le rendement en tomates a été le plus élevé sur fibre de coco, puis sur miscanthus et enfin sur laine de roche, et la nécrose apicale a été deux fois moins fréquente que sur laine de roche.
  • La fibre brute immobilise l’azote, et le compostage, l’extrusion ou un apport préalable d’azote réduisent la quantité d’azote supplémentaire nécessaire.

    Dans un essai belge, la paille brute a immobilisé en une semaine 70 % de l’azote apporté et la fibre extrudée 40 %, alors que la tourbe n’en a pas immobilisé. La règle pratique tirée des essais allemands est d’environ 50 mg d’azote supplémentaire par litre de mélange pour chaque tranche de 10 % de fibre brute, sur la durée d’une culture.
  • La fibre retient moins d’eau que la tourbe, et les mélanges qui en contiennent doivent être arrosés plus souvent.

    Sa capacité en air est plus élevée et sa capacité de rétention en eau plus faible que celles de la tourbe blonde, et un broyage à 3–5 mm porte la rétention en eau au niveau de celle de la tourbe. Son pH est proche de la neutralité et faiblement tamponné, et les tiges libèrent beaucoup de potassium soluble.
  • La fibre vendue à un fabricant de substrats rapporte davantage que les balles de combustible à condition que l’acheteur soit proche du champ.

    Au prix de 150–200 € la tonne indiqué par un producteur néerlandais, le broyat brut revient à environ 10–26 € le mètre cube avant broyage, traitement, azote et transport, contre 21–50 € pour la tourbe rendue dans une usine allemande. Selon notre calcul, la fibre enlevée par l’acheteur dégage une marge de 1 250–3 700 € par hectare après les frais de récolte, contre 750–1 780 € pour les balles vendues comme combustible ; une livraison à 300 km fait disparaître l’essentiel de cet écart, et une livraison à 1 000 km le fait disparaître entièrement.
  • La réduction de la tourbe repose sur des objectifs volontaires et des engagements de la filière, et aucun des pays examinés n’a interdit la tourbe.

    L’Allemagne vise des terreaux pour amateurs sans tourbe en 2026 et des substrats professionnels largement sans tourbe en 2030, et la convention néerlandaise a atteint ses objectifs de 2025. Une analyse de cycle de vie suisse attribue à la fibre de miscanthus environ 11 kg d’équivalent CO2 par mètre cube, et 254 kg à la tourbe ; le chapitre 07 présente un article de 2025 et une synthèse de 2026 qui nuancent les chiffres de la tourbe.
Résultats des essais

Depuis 1997, des essais en pots, sur pains de culture et en pépinière ont déterminé la part de fibre avec laquelle les cultures atteignent la qualité commerciale

Depuis 2023, des pépinières d’Allemagne et des Pays-Bas produisent des cultures commerciales sur des mélanges à 15–30 % de miscanthus. Auparavant, des essais de substrats menés en Belgique, au Danemark, en Pologne, en Allemagne et aux États-Unis avaient employé la fibre, brute ou compostée, dans des mélanges pour pots et conteneurs afin de déterminer la part qu’une culture tolère, et l’université de Bonn l’avait testée comme substrat unique pour les légumes hors-sol, à la place de la laine de roche. Les essais figurent dans le tableau par ordre chronologique, chacun avec son résultat tel qu’il a été publié.

AnnéeOùCe qui a été testéRésultatSource
1997AllemagneMiscanthus déchiqueté et fibreux incorporé à la tourbe, testé sur deux espèces d’arbustes en potsRésultat jugé « prometteur » ; c’est le premier essai publié.Cárthaigh et al., Acta Horticulturae 450
2001DanemarkPlantes en pot sur paille compostée pendant cinq mois avec de l’urée ou du lisier de porcLes pousses ont atteint la même longueur que sur tourbe fertilisée, mais le poids sec était inférieur d’environ 30 % ; le compost au lisier contenait un excès de sels.Jensen et al., Acta Horticulturae 549
2011États-Unis, OhioHibiscus en conteneurs de pépinière, paille broyée remplaçant 0–80 % de l’écorce de pinChaque palier a augmenté la capacité en air et diminué la rétention en eau et la masse volumique apparente ; la croissance a diminué à mesure que la part augmentait, le plus nettement à 80 %.Altland & Locke, Journal of Environmental Horticulture 29
2015–17AllemagneFibre extrudée à 20, 30 et 40 % dans un mélange de fibre de bois et de tourbe, testée sur chou, Weigela, Fuchsia et poinsettiaLes plantes ont mieux poussé dans les témoins à base de tourbe, sauf le weigela, qui a poussé aussi bien à 20 %. Des trois matières premières testées (miscanthus, silphie perfoliée et paulownia), le miscanthus a donné les meilleurs résultats. Un apport préalable d’azote sous forme de corne broyée a été la mesure la plus efficace prise isolément, et la matière sèche du chou est restée stable jusqu’à une part de 40 %.Gramoflor et Université de Bonn, projet FNR 22016314
2018Allemagne, BonnTomates et concombres sur miscanthus broyé ou défibré à la place de la laine de roche, puis combustion des pains usagésLe rendement commercialisable et la qualité des fruits n’ont pas différé de ceux obtenus sur laine de roche, et la conduite de culture n’a pas été modifiée.Kraska et al., Scientia Horticulturae 235
2018Belgique, ILVOFraisiers avec 20 % de paille à la place de la tourbe, la paille étant brute, extrudée ou extrudée avec TrichodermaAucun effet sur le rendement dans une expérience et 35 % de rendement en moins dans l’autre, en raison d’un manque d’azote ; la paille inoculée avec Trichoderma a réduit la pourriture grise des fruits.Debode et al., Frontiers in Plant Science 9
2018–23Pologne, WrocławEnracinement de boutures d’arbustes, et Hydrangea, Aster et Spiraea en pots, dans des mélanges à base de paille bruteLes boutures se sont enracinées avec 30–70 % de paille, et les plantes en pot ont atteint la qualité commerciale jusqu’à 30 % ; la croissance a été la meilleure dans la tourbe pure.Bąbelewski & Pancerz 2018 ; Pancerz et al. 2019, 2023
2021–22Allemagne, BonnTomates sur pains de trois génotypes de miscanthus, et broyage à 3–15 mm pour des substrats employés seulsLe rendement en tomates a été le plus élevé sur fibre de coco, puis sur miscanthus et enfin sur laine de roche, et la nécrose apicale a été deux fois moins fréquente que sur laine de roche. Le broyage à 3–5 mm a porté la rétention en eau au niveau de celle de la tourbe, tandis que le pH et le besoin en azote ont à peine changé.Nguyen et al., Acta Horticulturae 1305 ; Agronomy 12
2023–25Allemagne, Pays-BasEn pratique : une pépinière de démonstration avec 15 % de fibre fermentée, l’essai d’un fabricant de substrats avec 20 %, et des Thuja à 30 % dans des pépinières néerlandaisesDes cultures de bonne qualité à 15 %, avec un arrosage et une fertilisation ajustés ; les Thuja à 30 % ont poussé 10–20 % de moins en 2024 et ont bien poussé en 2025.Rapport FNR ToSBa 2024 ; Floragard 2024 ; CLOSECYCLE 2025
Résultats tels qu’ils figurent dans les articles et les rapports. Le résultat de Bonn de 2018 est repris d’un article ultérieur des auteurs, car l’article original est en accès payant.

Sur les pains de culture de tomate et de concombre, où l’eau et les éléments nutritifs sont apportés en continu, la fibre employée seule a donné le même rendement que la laine de roche, avec deux fois moins de nécrose apicale, mais les tomates ont moins produit que sur fibre de coco. En pot, où le mélange doit retenir l’eau et les éléments nutritifs entre deux arrosages, les cultures ont atteint la qualité commerciale avec 15–30 % de fibre, et la croissance a diminué lorsque la part de fibre brute augmentait au-delà. Selon la culture et l’apport d’azote, les plantes cessaient d’atteindre la qualité commerciale à partir d’une part comprise entre 20 et 40 %. La perte de rendement observée dans l’essai belge sur fraisier était due à un manque d’azote, que l’on corrige habituellement par un apport d’azote supplémentaire, et dans les essais de la recherche allemande, un apport préalable d’azote sous forme de corne broyée ajoutée à l’extrusion a été la mesure la plus efficace prise isolément.

En dehors des tests sur jeunes plants de chou chinois, nous n’avons trouvé aucun essai de miscanthus en mottes de plants maraîchers, ni aucun en terre de gobetage pour champignons ou en substrat de toiture végétalisée. D’après les données suisses, les jeunes plants élevés en plaques alvéolées sont le cas le plus difficile pour tout substitut de tourbe, et rien ne permet pour l’instant de présenter la fibre comme éprouvée pour les jeunes plants.

Des plants de tomate cultivés sur des pains de fibre de coco blancs posés au sol de la serre, avec des lignes de goutte-à-goutte et des fruits qui mûrissent
Tomates sur pains de fibre de coco irrigués au goutte-à-goutte dans une serre de Ruescas (province d’Almería), en février 2015. Lors des essais de Bonn, des pains de miscanthus broyé ont été employés de la même façon, à la place de la laine de roche. Photo : Schumi4ever, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Azote et eau

Un mélange au miscanthus exige plus d’azote et des arrosages plus fréquents qu’un mélange à base de tourbe

La pépinière de démonstration qui conduit ses cultures sur un mélange à 15 % de fibre a ajusté à la fois sa fertilisation et ses arrosages, et les essais de la recherche allemande ont augmenté l’apport d’azote pour atteindre 40 %. Le miscanthus transformé appartient, avec la fibre de bois et les anas de lin, aux substituts qui augmentent la capacité en air d’un mélange et immobilisent l’azote. Par rapport à la tourbe, il a un pH proche de la neutralité, une forte teneur en potassium soluble, issu des tiges, et une faible masse volumique apparente. Ses propriétés mesurées figurent dans le tableau à côté de celles de la tourbe et de la fibre de coco.

PropriétéMiscanthus transforméTourbeFibre de coco
Masse volumique apparente70–160 kg/m³environ 220environ 90
Capacité en air, % en volume40–6528 (tourbe blonde)élevée
Capacité de rétention en eau, % en volume30–55 ; niveau de la tourbe après un broyage fin67 (tourbe blonde)supérieure à celle du miscanthus fin
pHenviron 7 dans l’eau, 5,1–6,1 dans le CaCl2 ; faible pouvoir tampon3–4 sans chaulage, 5,5–6,5 avec chaulageenviron 6,5
Sels, CE de l’extrait0,3–0,7 dS/m, modéréefaiblevariable, parfois élevée
Potassium solubleélevé, 1 000–1 900 mg par litre d’extraitenviron 4environ 30
Immobilisation de l’azoteforte : indice 0,2–0,4 ; paille brute 70 % en une semainenulle : indice 0,9modérée : indice 0,6
Mouillabilitéfaible, hydrophobie réversiblehydrophobe à l’état secbonne
Stabilitése dégrade plus lentement que la paille de blé ; forte activité biologique, moisissures en cas de stockage humidetrès stablestable
Graines et agents pathogènesaucune graine de miscanthus, le clone n’en produisant pas ; adventices et terre possibles ; hygiénisation seulement par extrusion ou compostage à chaudindemneselon l’origine
Nguyen et al. 2022 (fractions broyées de 3–15 mm, extrait aqueux 1:5), Stucki et al. 2019 (ZHAW), rapport FNR ToSBa 2024 (tourbe blonde selon la méthode Wrede), Debode et al. 2018 (immobilisation de l’azote par la paille brute et extrudée). L’indice d’azote est la part de l’azote apporté encore disponible après quatre jours ; 1 signifie qu’aucune immobilisation n’a eu lieu.

Immobilisation de l’azote

Les micro-organismes qui commencent à décomposer la fibre prélèvent dans le mélange de l’azote qui manque ensuite aux plantes ; c’est la faim d’azote. Le broyage, le lavage et le traitement à la vapeur n’y changent rien. Le compostage, l’extrusion et un apport préalable d’azote la réduisent (chapitre 04), et un supplément d’azote dans la fertilisation couvre le reste (chapitre 05).

Rétention en eau

La fibre draine rapidement. Dans la pépinière de démonstration allemande, un mélange à 15 % de fibre fermentée a retenu un quart d’eau en moins que la tourbe blonde, et la pépinière a raccourci les intervalles entre les arrosages.

Potassium et sels

Les tiges libèrent beaucoup de potassium soluble dans les premières semaines, et la teneur en sels de la fibre est modérée. La paille compostée avec du lisier contient trop de sodium et de chlorure pour les cultures sensibles aux sels.

pH

Le pH de la fibre est proche de la neutralité et faiblement tamponné, si bien que le pH d’un mélange au miscanthus suit celui de l’eau d’irrigation. Un pH proche de la neutralité convient aux légumes et à la plupart des plantes ornementales.

Des blocs de tourbe découpée empilés au bord d’une tranchée de drainage remplie d’eau, sur une tourbière nue
Tourbe découpée mise à sécher en tas au bord d’une tranchée de drainage, dans le Venner Moor, en Basse-Saxe, en avril 2017. Photo : Basotxerri, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Un tas de moelle de coco brune derrière un tas plus grand de bourres de noix de coco fendues
Moelle de coco, à l’arrière-plan, et bourres de noix de coco dans un atelier de transformation du coco au Tamil Nadu, en Inde, en 2023. Photo : PeterKeerthi, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, photo recadrée.
Gros plan sur de la fibre de bois en vrac, légère, duveteuse et brun clair
Fibre de bois en vrac fabriquée comme isolant pour le bâtiment et non comme substrat, Norvège, 2013. Photo : Øyvind Holmstad, via Wikimedia Commons, domaine public (CC0).
Gros plan sur des morceaux de tige de miscanthus broyée, qui montrent la moelle blanche et l’écorce extérieure dure
Tiges de miscanthus broyées, avec une moelle blanche et tendre dans une écorce extérieure dure, Lille, novembre 2018. Un broyat grossier de ce type est très drainant. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Transformation et mélange

Le comportement de la fibre dans un mélange dépend de son broyage et de son traitement

La culture est récoltée sèche à la fin de l’hiver, puis hachée au champ ou broyée par la suite. La granulométrie détermine la quantité d’eau que la fibre retient, et le traitement appliqué après le broyage détermine la quantité d’azote qu’elle immobilise.

  1. Récoltede février à avril, à 15–20 % d’humidité ; dans un stockage irlandais, le broyat récolté à 42 % d’humidité s’est échauffé jusqu’à 69 °C, alors que celui récolté à 20 % est resté froid
  2. Hachage ou broyagegrilles de broyeur à marteaux de 3–5 mm pour les mélanges destinés aux pots et aux jeunes plants, et broyat de 10–15 mm pour les pains de culture et les conteneurs bien drainés ; le broyat sorti du champ, sans broyage fin, draine trop vite pour les pots
  3. Traitementl’extrusion à plus de 100 °C réduit l’immobilisation de l’azote et hygiénise la fibre ; un compostage d’environ cinq mois avec une source d’azote abaisse le rapport carbone/azote à 19–27, contre environ 96 pour la paille compostée avec de l’eau seulement ; de la corne broyée peut être ajoutée à l’extrusion comme apport préalable d’azote
  4. Mélange15–20 % pour les cultures en pot sensibles et les jeunes plants, 20–30 % comme limite générale sans fertilisation particulière, 30–40 % avec une fertilisation ajustée en azote, et jusqu’à 70 % pour l’enracinement de boutures ligneuses
Everard et al. 2013 (auto-échauffement), Nguyen et al. 2022 (broyage), Vandecasteele et al. 2018 et Debode et al. 2018 (extrusion), Jensen et al. 2001 (compostage), projet FNR 22016314 (apport préalable d’azote, parts), ToSBa 2024 et CLOSECYCLE 2025 (parts en pratique).
Un mur dense de tiges de miscanthus sèches et pâles derrière une bande de chaumes coupés
La culture sur pied en bordure de l’un de nos champs en hiver, avec au premier plan la partie déjà récoltée. Photo : Zelena Biomasna Energija.
Une main tenant une poignée de fibre de miscanthus broyée, de couleur claire, au-dessus d’un tas du même matériau
Broyat de miscanthus dans un dépôt à Lille, en novembre 2018, avant tout broyage fin ou extrusion. Photo : Lamiot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Deux longs andains de compost sur une aire bétonnée, dont l’un est couvert d’une bâche géotextile verte
Andains de compost, dont l’un sous une bâche géotextile, dans un jardin de plantes médicinales à Schwäbisch Gmünd, en Allemagne, en septembre 2020. Photo : Karatecoop, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’extrusion est le procédé industriel courant de fabrication de la fibre de bois, et les mêmes extrudeuses bivis peuvent traiter le miscanthus. Dans les travaux belges, l’extrusion a abaissé l’immobilisation de l’azote par la paille de 70 % à 40 % sans modifier son pH, et dans un essai parallèle sur anas de lin, la chaleur du procédé a détruit un champignon du sol. L’explosion à la vapeur a abaissé le pH de la fibre et augmenté l’immobilisation. L’acidification à un pH de 2,5–4,7 a réduit l’activité microbienne, mais elle n’est pas employée à l’échelle commerciale. Le compostage, la méthode la plus ancienne, dure environ cinq mois et demande de la place pour un andain. Dans l’essai danois, les plantes en pot cultivées sur paille compostée avec de l’urée ou du lisier de porc ont formé des pousses aussi longues que sur tourbe fertilisée, mais leur poids sec était inférieur d’environ 30 %.

Le traitement qu’un produit a reçu détermine l’usage qui peut en être fait, et l’acheteur doit donc demander comment il a été traité.

Traitements et parts de fibre en pratique

La pépinière de démonstration allemande conduit ses cultures sur un mélange à 15 % de fibre fermentée, et un fabricant allemand de substrats a testé son propre mélange à base de miscanthus à 20 % sur chou chinois. Les essais polonais ont employé de la fibre brute broyée jusqu’à 30 %, avec un engrais prémélangé, et la fibre extrudée avec un apport préalable d’azote a atteint 40 % dans les essais de la recherche allemande.

Labels et normes

Le référentiel néerlandais RHP ne prévoit pas de classe de produit pour le miscanthus. En 2025, l’organisme a indiqué qu’il préparait une certification pour les nouveaux matériaux de substrat. Le label de qualité allemand RAL couvre l’écorce, la fibre de bois, la tourbe, la perlite, la fibre de coco et le compost, et classe le miscanthus sous « à venir ». Un composant à base de miscanthus vendu aujourd’hui ne porte aucun de ces deux labels.

Utilisation pratique

Recommandations de dosage, de fertilisation et d’arrosage pour les pépinières et les jardiniers

Les recommandations ci-dessous s’appuient sur les essais et sur l’expérience des pépinières de démonstration. Les cultures testées sont citées nommément, et pour toute autre culture, il faut d’abord essayer le mélange sur quelques plantes.

Dosage, fertilisation et arrosage

  • Part. Utilisez 15–20 % de fibre dans les mélanges pour jeunes plants et cultures en pot sensibles ; sans fertilisation particulière, la limite est de 20–30 %. Avec une fertilisation ajustée en azote, la part peut monter à 30–40 %, les mélanges pour l’enracinement de boutures ligneuses peuvent en contenir jusqu’à 70 %, et un substrat à 100 % de fibre n’est employé que sur des pains de culture fertirrigués pour légumes.
  • Azote. La fibre brute demande environ 50 mg d’azote supplémentaire par litre de mélange pour chaque tranche de 10 % de fibre, sur la durée de la culture, si bien qu’un mélange à 30 % de fibre brute demande environ 150 mg par litre de plus qu’un mélange à base de tourbe. La fibre extrudée ou compostée en demande environ deux fois moins. Employez un engrais à dominante azotée et surveillez les feuilles les plus anciennes, où une carence apparaît en premier.
  • Potassium. Réduisez le potassium de la fertilisation pendant les premières semaines, et n’employez pas de fibre compostée au lisier pour les cultures sensibles aux sels.
  • pH. Ne chaulez pas le mélange, et acidifiez-le pour les plantes de terre de bruyère.
  • Eau. Arrosez plus souvent et en plus petites doses qu’un mélange à base de tourbe.

Cultures testées avec la fibre

  • La tomate et le concombre, cultivés sur des pains fertirrigués à 100 % de fibre, ont donné des rendements égaux à ceux obtenus sur laine de roche, et la tomate a moins produit que sur fibre de coco.
  • Le fraisier peut être cultivé dans de la tourbe contenant 20 % de fibre si l’on apporte de l’azote supplémentaire.
  • Spiraea, Taxus, Euonymus et Cotoneaster ont été enracinés par bouturage dans des mélanges à 30–70 %, les Thuja ont été cultivés à 30 %, et le Weigela a poussé aussi bien que le témoin à 20 % et moins bien à 30–40 %.
  • Hydrangea, Aster et Spiraea en pots ont atteint la qualité commerciale jusqu’à 30 %.
  • Hedera et Fatsia ont été cultivés sur de la paille compostée pendant cinq mois avec une source d’azote.
  • Les jeunes plants de chou chinois ont été élevés dans des mélanges à 20–40 % de fibre ; sur la fibre seule, la germination a été la même que sur tourbe, mais la levée a été plus lente et la croissance plus faible.
  • L’hibiscus en conteneurs de pépinière a poussé de moins en moins à mesure que la part de paille broyée augmentait, avec la baisse la plus forte à 80 %.

Les groupes de cultures testés avec la fibre : jeunes plants, boutures, plantes en pot et cultures en conteneurs

  • Jeunes plants · chou chinois
    Deux jeunes plants de chou chinois en mottes pressées de substrat sombre, les racines visibles à travers les mottes

    Jeunes plants de chou chinois élevés en mottes pressées, 2025. Les tests de miscanthus sur jeunes plants ont porté sur cette culture. Photo : Schlaghecken Josef, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Jeunes plants · brocoli
    Une caisse remplie de jeunes plants de brocoli en petites mottes pressées

    Jeunes plants de brocoli en petites mottes pressées, rangés dans une caisse avant la plantation, 2003. Photo : Schlaghecken Josef, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Mini-mottes · persil
    Deux mini-mottes de persil sorties d’une plaque alvéolée, dont les racines tiennent le substrat

    Mini-mottes de persil sorties d’une plaque alvéolée, dont les racines tiennent le substrat, Massachusetts, 2012. Les jeunes plants élevés en plaques alvéolées sont le cas le plus difficile pour tout substitut de tourbe. Photo : Dwight Sipler, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

  • Boutures · géranium
    Des boutures de géranium enracinées dans de petits pots roses remplis de terreau, sur l’établi d’un abri de jardin

    Boutures de géranium enracinées et empotées dans un abri de jardin à Trimingham, dans le Norfolk, en novembre 2019. Dans les essais polonais, des boutures de plusieurs arbustes ont été enracinées dans des mélanges contenant du miscanthus. Photo : Kolforn, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

  • Plantes en pot · chrysanthème
    Des rangées de pots orange avec de jeunes chrysanthèmes sur une toile de sol noire, un tunnel plastique derrière

    Chrysanthèmes en pot disposés en plein air sur une toile de sol dans une pépinière, 2007. Photo : liz west, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

  • Empotage · jeunes conifères
    Une empoteuse, à l’intérieur d’un bâtiment, qui remplit de substrat des conteneurs noirs autour de jeunes conifères

    Une empoteuse en train de remplir des conteneurs de substrat et d’empoter de jeunes conifères, 2013. Photo : stefaan vandaele, via Wikimedia Commons, domaine public (CC0).

  • Conteneurs · arbres fruitiers
    De longues rangées de jeunes arbres fruitiers en conteneurs noirs dans une pépinière de plein air, des vignes sur le coteau derrière

    Arbres fruitiers cultivés en conteneurs dans une pépinière de Lauffen am Neckar, dans le Bade-Wurtemberg, en septembre 2014. Photo : qwesy qwesy, via Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

  • Conteneurs · sous serre
    Rangées d’arbustes de pépinière cultivés en conteneurs, sous serre

    Plantes de pépinière en conteneurs sous serre en Autriche, un type de culture produit sur des mélanges au miscanthus dans des pépinières allemandes et néerlandaises. Photo : Karin Weigel, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Utilisation au jardin

Les tiges broyées d’une haie ou d’un champ peuvent entrer dans un terreau de deux façons. La première consiste à les composter pendant cinq mois avec une source d’azote. L’essai danois a utilisé de l’urée, du sulfate d’ammonium ou du lisier de porc ; au jardin, des tontes de gazon ou du fumier peuvent servir, mais cette solution n’a pas été testée avec le miscanthus. Nous suggérons d’employer ce compost pour un tiers du mélange au plus. La seconde consiste à incorporer des tiges brutes finement broyées à hauteur de 20 % du mélange, mais les plantes ont alors besoin d’une fertilisation azotée dès le départ. Le broyat doit être stocké au sec, car le miscanthus frais est biologiquement actif et moisit en tas humide. La règle d’arrosage de la liste ci-dessus vaut aussi pour les mélanges de jardin, que les tiges soient brutes ou compostées.

Deux mains en coupe qui soulèvent un terreau sombre parsemé de grains de perlite blancs
Terreau à la perlite pris à pleines mains dans un jardin, 2009. Photo : M Tullottes, via Wikimedia Commons, domaine public.
Coûts et rentabilité

Ce que coûtent les composants d’un support de culture, et ce que rapporte un hectare de fibre par rapport au combustible

En 2022–2023, les fabricants allemands de terreaux ont payé leurs principaux composants à des prix typiques de 17–60 € le mètre cube, rendus usine. Le broyat brut de miscanthus revient moins cher au mètre cube, mais ce n’est pas encore un composant de substrat : il reste à le broyer, éventuellement à l’extruder ou à le composter, à l’enrichir en azote et à le transporter. Le second tableau présente notre calcul de ce que rapporte un hectare de fibre, comparé à la vente de la même récolte comme combustible.

Composants des supports de culture, en € par mètre cube, prix typique (fourchette)

Composant€ par m³Ce que comprend le prix
Compost de déchets verts17,1 (7,5–33,4)rendu usine
Tourbe blonde et noire32,8 (21,3–49,9)rendu usine
Fibre de bois35,0 (23,5–51,4)rendu usine
Écorce compostée36,8 (18,1–48,4)rendu usine
Coco, surtout de la moelle60,0 (55,0–72,5)rendu usine ; le prix comprend toujours le transport
Broyat brut de miscanthus10,5–26départ ferme, avant broyage, traitement, azote et transport ; notre calcul à partir de 150–200 € la tonne et de 70–130 kg par m³
Tourbe, fibre de bois, écorce, compost et coco : prix payés par 12 fabricants allemands de terreaux, rendus usine, de novembre 2022 à août 2023, par m³ selon la norme EN 12580 ; le transport jusqu’à l’usine coûtait en général 2,8–5,1 € le m³ sur 28–200 km (Hirschler & Osterburg 2025). Miscanthus : notre calcul à partir du prix de 150–200 € la tonne indiqué en 2026 par un producteur néerlandais pour de la fibre vendue comme litière, paillis de jardin et isolant (Nieuwe Oogst). Nous n’avons trouvé aucun prix publié qu’un fabricant de substrats aurait payé pour de la fibre de miscanthus.
28 €le m³, coût moyen des composants d’un terreau allemand, rendus usine
environ 6 %part des composants dans le prix de vente en magasin d’un sac de terreau
0,40 €le litre, prix moyen en magasin d’un terreau avec tourbe, juin 2023
0,50 €le litre pour un terreau sans tourbe, soit 21 % de plus, alors que ses composants coûtent à peu près autant
Composants et prix en magasin, Allemagne

Un hectare par an, fibre pour un fabricant de substrats ou balles de combustible : notre calcul

Par hectare et par anFourchetteHypothèse
Matière sèche récoltée12–18 tplantation adulte ; 14–21 t de produit récolté à 14 % d’humidité
Volume de broyat brut92–257 m³70–130 kg de matière sèche par m³
Récolte à l’ensileuse, transport jusqu’au lieu de stockage, stockage couvert et chargement510–540 €récolte 140–250 € et transport 60 € par hectare, stockage 12 € la tonne, chargement 60–65 € par hectare
Recette à 150–200 € la tonne, enlèvement par l’acheteur1 800–4 190 €prix d’un producteur néerlandais pour plusieurs débouchés ; la source ne précise pas s’il s’entend par tonne de matière sèche ou de produit récolté
Marge, enlèvement par l’acheteur1 250–3 700 €avant implantation, fermage, entretien, frais généraux, travail de l’exploitant et frais de commercialisation
Marge, fibre livrée à 300 kmde −500 € à +2 000 € environbroyat en vrac, 9–12 t par chargement, 1,58–1,93 € par km, retour à vide compris
Marge, fibre livrée à 1 000 kmune pertetransport 263–429 € la tonne
Pour comparaison : balles vendues comme combustible à 110–115 € la tonne bord de champ750–1 780 €enlèvement par l’acheteur ; récolte et pressage 30–56 € la tonne pressée
Notre calcul pour un hectare de plantation adulte, une année de plein rendement : le bas de la fourchette associe 12 t de matière sèche au prix bas et aux coûts élevés, le haut de la fourchette 18 t de matière sèche, comptées comme 21 t de produit récolté faute de base de prix indiquée, au prix haut et aux coûts bas. Récolte, transport jusqu’au stockage, stockage et chargement d’après FranceAgriMer 2020, le Maschinenring Westfalen-Lippe 2024 et la chambre d’agriculture de la Gironde 2024 ; transport routier d’après l’indice de fret TimoCom, 4e trimestre 2025 ; prix du combustible et coût du pressage repris de notre article sur le miscanthus comme combustible. Le prix de la fibre est celui du producteur néerlandais cité dans le premier tableau ; aucun fabricant de substrats n’a publié le sien.
79–129 € la tonne pour transporter du broyat en vrac sur 300 km, retour à vide compris, selon notre calcul

Un camion de 92 m³ ne charge que 9–12 t de broyat en vrac ; sur 1 000 km, le transport coûte donc 263–429 € la tonne, plus que le prix de vente de la fibre. La mise en balles pour le transport divise ce coût par deux environ. Les transformateurs français achètent le miscanthus dans un rayon de 80 km, et les fabricants de substrats néerlandais et allemands travaillent avec des producteurs de leur propre région.

Coûts non compris

Les marges s’entendent avant l’implantation, le fermage, l’entretien, les frais généraux, le travail de l’exploitant et les frais de commercialisation, qui sont au moins aussi élevés pour la fibre que pour le combustible. Lors d’essais en laboratoire, le broyage à 3–5 mm a consommé 13–22 kWh d’électricité par tonne, soit environ 2,6–4,4 € à 0,20 € le kWh (notre calcul). Aucun fabricant de substrats ne publie ce que lui coûtent l’extrusion, le compostage ou l’apport d’azote.

Réduction de la tourbe

Les pays européens réduisent la part de la tourbe dans les supports de culture, principalement par des objectifs volontaires

Selon les règles de comptabilisation, tout le carbone de la tourbe horticole extraite est compté comme émis l’année de l’extraction, et la tourbe représente donc l’essentiel de l’empreinte carbone des supports de culture. La situation de chaque pays en octobre 2026 est résumée dans le tableau.

Des champs de tourbe fraisée séparés par des fossés de drainage, avec des tas de mottes de tourbe découpée au premier plan
Champs de tourbe fraisée et mottes empilées dans la tourbière du Bog of Allen, comté d’Offaly, en Irlande, en septembre 2007. Photo : Sarah777, via Wikimedia Commons, domaine public.
Une tourbière haute non drainée, avec des mares sombres, des buttes de mousse et un caillebotis qui s’étend jusqu’à l’horizon
La tourbière haute de Männikjärve, qui n’a pas été drainée, vue depuis la tour d’observation de la réserve naturelle d’Endla, en Estonie. Photo : Abrget47j, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
OùSituation en 2026Source
Union européenneIl n’existe ni interdiction ni stratégie à l’échelle de l’UE. L’Allemagne a demandé une stratégie à la Commission en mai 2022, et l’extraction de tourbe est prise en compte à partir de 2026 dans la comptabilité du secteur des terres (UTCATF).Note du Conseil 9219/22 ; règlement (UE) 2018/841
AllemagneLa stratégie de réduction de l’usage de la tourbe (Torfminderungsstrategie) de 2022 vise un secteur amateur sans tourbe en 2026 et une horticulture professionnelle sans tourbe « autant que possible » en 2030, le tout à titre volontaire. En 2023, la tourbe représentait encore 41 % des terreaux grand public et 73 % des substrats professionnels.BMEL 2022 ; évaluation IVG 2024 ; rapport d’étape FNR 2025
Pays-BasUne convention de novembre 2022 sur l’impact environnemental des terreaux et des substrats (Convenant milieu-impact potgrond en substraten) fixe des objectifs chiffrés pour la part de matériaux renouvelables : 35 % dans les substrats professionnels et 60 % dans les terreaux grand public en 2025, puis 50 % et 85 % en 2030. Le rapport pour 2025 indique 36 % et 60 %.Staatscourant 2023-7102 ; Jaarverslag 2025
Angleterre, Écosse, pays de GallesLes dates annoncées sont « d’ici 2024 » pour l’interdiction de la vente au détail (annoncée en 2022) et « d’ici 2026 » pour l’usage professionnel. Aucune de ces deux mesures n’a force de loi en 2026. Le gouvernement indique qu’il légiférera « lorsque le calendrier parlementaire le permettra », et l’Écosse et le pays de Galles attendent un projet de loi valable pour l’ensemble du Royaume-Uni. La stratégie de l’Irlande du Nord, publiée en 2025, fixe à 2030 l’abandon de la tourbe horticole.Defra 2022 ; calendrier du Peat Free Partnership ; lettre du gouvernement écossais, janvier 2026
SuisseLa sortie de la tourbe est volontaire depuis 2012 et repose sur des déclarations d’intention. Celles-ci limitent la tourbe à 5 % dans les terreaux en sac pour amateurs (environ 4 % atteints en 2020) et dans les plantes ornementales d’ici 2030 (42 % en 2022), à 40 % dans les jeunes plants de légumes d’ici 2028 et à 25 % dans les petits fruits d’ici 2030.OFEV (BAFU), Torfausstiegskonzept et fiche d’information 2024
IrlandeL’extraction commerciale s’est en grande partie arrêtée après une décision de justice de 2019. En 2022, un groupe de travail a recommandé de mettre fin à la vente de tourbe au détail d’ici 2025 et à tout usage horticole d’ici 2030–2035. Le gouvernement n’a pris aucune décision, et de la tourbe est importée de Lettonie depuis 2021.Groupe de travail du DAFM (ministère irlandais de l’Agriculture) 2022 ; commission de l’Oireachtas (parlement irlandais), juin 2026
France et UkraineNous n’avons trouvé ni objectif, ni charte, ni interdiction dans l’un ou l’autre pays. La France extrait environ 300 000 m³ de tourbe par an pour les supports de culture, et l’Ukraine extrait surtout de la tourbe combustible et importe de la tourbe balte pour les substrats.OFB (Office français de la biodiversité) ; Association ukrainienne de la tourbe
Vérifié en octobre 2026 dans les documents officiels et les rapports annuels cités dans les sources.
36 millions de m³de supports de culture utilisés chaque année en Europe, dont environ la moitié est fournie par des entreprises néerlandaises et allemandes
75 %de tourbe, en volume, dans les supports de culture européens en 2013
12 Mt de CO2par an pour l’extraction de tourbe et l’usage horticole dans l’UE à 27, en 2019
Taille du marché et émissions

Les émissions attribuées à la tourbe dépendent de la méthode de calcul. Dans la comptabilité de la filière allemande, la seule phase d’utilisation est estimée à 183 kg d’équivalent CO2 par mètre cube de tourbe blonde et à 257 kg par mètre cube de tourbe noire, et le Defra, le ministère britannique de l’Environnement, retient 235 kg. L’analyse de cycle de vie suisse qui a comparé neuf substituts aboutit à 254 kg pour la tourbe sur l’ensemble de son cycle de vie, contre environ 11 kg pour la fibre de miscanthus, 15 kg pour les anas de lin et 17 kg pour la fibre de chanvre. Une étude autrichienne de 2024 a trouvé un faible potentiel de réchauffement global pour le miscanthus, dont la chaîne de transformation est courte et consomme peu d’énergie.

Deux études récentes nuancent ces chiffres. Un article de 2025 montre que la tourbe des pots et des massifs se décompose sur plusieurs décennies, si bien que la convention qui compte tout son carbone comme émis l’année de l’extraction surestime les émissions réelles d’un facteur trois environ. Une synthèse de 2026 venue d’Amérique du Nord, où les tourbières accumulent encore du carbone, juge les impacts de plusieurs substituts comparables ou supérieurs à ceux de la tourbe. Aucune de ces deux études n’a modifié l’orientation de la politique européenne, et aucune des analyses de cycle de vie citées ici ne montre qu’un matériau de support de culture soit neutre en carbone.

99 % de la biomasse envisageable pour les substituts est déjà utilisée ailleurs

Ce chiffre provient d’une évaluation néerlandaise de 2026 portant sur environ 130 matériaux candidats. Dans le rapport d’étape 2025 de la FNR, l’agence allemande pour les matières premières renouvelables, la filière désigne une pénurie aiguë de matières premières comme le principal obstacle au remplacement de la tourbe.

Le miscanthus sur le marché des substituts

Le rapport 2025 de la convention néerlandaise est le premier à compter les fibres végétales cultivées, miscanthus et alpiste roseau, comme une catégorie distincte. Les fabricants néerlandais de substrats en ont utilisé environ 10 000 m³, soit à peu près la production de 40–110 hectares selon notre calcul, pour un marché professionnel de plus de six millions de mètres cubes. La stratégie allemande juge prometteurs les essais sur le miscanthus et considère que le matériau n’a pas encore de poids sur le marché. La tourbe est remplacée surtout par la fibre de bois, le compost, l’écorce et la fibre de coco, et le miscanthus est l’une des nouvelles fibres cultivées à cette fin.

Le marché et notre projet

Des terreaux contenant du miscanthus sont vendus dans quatre pays, et nous préparons notre propre produit

Des terreaux sans tourbe ou à teneur réduite en tourbe contenant une part de miscanthus sont vendus en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France. L’ingrédient figure en général sous la mention « fibre de miscanthus » ou sous le nom de « mélange au miscanthus » propre au fabricant, à côté du compost, de la fibre de coco et de la fibre de bois, et sa part est rarement indiquée. Aux Pays-Bas, les fabricants de substrats achètent la fibre broyée à des producteurs installés près de leurs usines.

Nous préparons pour la vente au détail un composant de substrat et un paillis, tous deux issus du miscanthus de nos propres champs en Croatie, où aucun pesticide n’est employé après l’année de plantation.

Les premiers produits seront vendus sur les marchés les plus proches de nos champs. Le broyat en vrac est léger et occupe tout le volume d’un camion bien avant que celui-ci n’atteigne sa charge utile maximale, si bien que sur de longues distances le transport coûte plus cher que la fibre (chapitre 06). Pour un fabricant de substrats plus éloigné, il revient moins cher de produire la fibre près de son usine, et nous fournissons pour cela des rhizomes du clone.

1 200–1 300 ha de miscanthus aux Pays-Bas en 2025, contre 430 ha en 2023

Chiffre publié en mars 2026 par la presse professionnelle néerlandaise, selon laquelle la demande des fabricants de substrats est celle qui progresse le plus vite. Aucun prix payé par un fabricant de substrats n’a été publié ; les 150–200 € la tonne cités par cette source correspondent au prix d’un producteur pour de la fibre vendue comme litière, paillis de jardin, isolant et matériau d’impression 3D.

Mentions sur le sac

Le sac indiquera la part à incorporer, l’azote à ajouter pour cette part, l’humidité, la matière sèche et l’origine. Il ne portera que les mentions étayées par les essais et ne présentera donc le matériau ni comme « équivalent tourbe », ni comme « stérile », ni comme « neutre en carbone ».

Contact · 09

Qui peut nous écrire, et à quel sujet

Fabricants de substrats et producteurs

Nous pouvons fournir, sur accord préalable, de la fibre broyée de notre récolte à la tonne, ainsi que des rhizomes du clone pour cultiver la fibre près de votre usine. Indiquez-nous le volume, l’usage prévu, la granulométrie, le traitement que vous envisagez et l’emplacement de votre usine.

Jardineries et détaillants

Si les premiers lots du composant de substrat et du paillis vous intéressent, laissez vos coordonnées, et nous vous enverrons la fiche technique dès qu’elle sera arrêtée.

Jardiniers

Si vous nous laissez votre adresse e-mail, nous vous préviendrons quand le produit sera en vente dans votre pays. La façon d’employer d’ici là des tiges broyées dans un mélange de jardin est décrite au chapitre 05.

À lire ensuite

Articles sur le paillis, la haie et la plante

FAQ

Questions fréquentes

La fibre de miscanthus peut remplacer une partie de la tourbe. Dans les mélanges pour pots et conteneurs, les cultures ont atteint la qualité commerciale avec 15–30 % de fibre, et les essais de la recherche allemande sont allés jusqu’à 40 % avec un apport d’azote supplémentaire. Sur des pains de culture fertirrigués, les tomates et les concombres cultivés sur la fibre seule ont donné le même rendement que sur laine de roche. Le miscanthus pur ne convient pas comme terreau, car il immobilise l’azote et retient moins d’eau que la tourbe : même un mélange à 15 % de fibre fermentée a retenu environ un quart d’eau en moins que la tourbe blonde.

La fibre a un rapport carbone/azote élevé, et les micro-organismes qui commencent à la décomposer prélèvent de l’azote dans le mélange. Dans un essai belge, la paille brute a immobilisé en une semaine 70 % de l’azote apporté et la fibre extrudée 40 %, alors que la tourbe n’en a pas immobilisé. D’après les essais allemands, le besoin supplémentaire est d’environ 50 mg d’azote par litre de mélange pour chaque tranche de 10 % de fibre brute, sur la durée d’une culture. Le compostage avec une source d’azote, l’extrusion et un apport préalable d’azote, par exemple sous forme de corne broyée, réduisent ce besoin, mais aucun de ces traitements ne le supprime entièrement.

Par litre de mélange, la fibre retient moins d’eau que la tourbe. Le miscanthus transformé retient 30–55 % d’eau en volume, contre environ 67 % pour la tourbe blonde, et un mélange de pépinière à 15 % de fibre fermentée a retenu un quart d’eau en moins que la tourbe blonde pure. Un broyage à 3–5 mm porte la capacité de rétention en eau au niveau de celle de la tourbe, alors que le broyat grossier draine trop vite pour les pots.

La fibre de miscanthus n’est pas acide. Son pH est proche de la neutralité, environ 7 mesuré dans l’eau et 5,1–6,1 mesuré dans une solution de chlorure de calcium, et son pouvoir tampon est faible. Ce pH convient aux légumes et à la plupart des plantes ornementales, et un mélange au miscanthus se passe du chaulage nécessaire aux mélanges à base de tourbe. Pour les plantes acidophiles, il faut acidifier le mélange.

Le clone ne produit pas de graines, et la fibre ne contient donc aucune graine de miscanthus. Comme la culture est conduite en plein champ, le matériau peut contenir des adventices et de la terre si la récolte n’est pas propre et s’il n’est pas criblé. Aucun essai publié sur un produit ne permet d’affirmer que la fibre est exempte de maladies. L’extrusion à plus de 100 °C et le compostage à chaud sont les traitements dont l’effet hygiénisant est documenté.

Aucun prix payé par des fabricants de substrats pour de la fibre de miscanthus n’a été publié. Un producteur néerlandais a indiqué en 2026 un prix de 150–200 € la tonne pour de la fibre vendue comme litière, comme paillis de jardin et comme isolant ; à 70–130 kg par mètre cube, cela représente environ 10–26 € le mètre cube de broyat brut. En 2022–2023, les fabricants allemands de terreaux ont payé la tourbe 21–50 € le mètre cube et la fibre de bois 24–51 €, rendues usine. Avant de pouvoir être comparée à ces matériaux, la fibre brute doit encore être broyée, traitée, enrichie en azote et transportée, et elle retient moins d’eau que la tourbe.

Une analyse de cycle de vie suisse attribue à la fibre de miscanthus environ 11 kg d’équivalent CO2 par mètre cube et à la tourbe 254 kg, dont l’essentiel provient du carbone que la tourbe libère pendant son utilisation. Une étude autrichienne a trouvé un faible potentiel de réchauffement global pour le miscanthus, dont la chaîne de transformation est courte et consomme peu d’énergie. Une étude de 2025 soutient que la convention comptable surestime les émissions de la tourbe, parce que la tourbe des pots se décompose sur des décennies alors que la convention compte tout son carbone l’année de l’extraction. Une synthèse nord-américaine de 2026 juge les impacts de plusieurs substituts comparables ou supérieurs à ceux de la tourbe.

En 2026, il n’existe aucune interdiction à l’échelle de l’UE, et aucun des pays examinés dans cet article n’a interdit la tourbe. Les objectifs allemands, des terreaux pour amateurs sans tourbe en 2026 et une horticulture professionnelle largement sans tourbe en 2030, sont volontaires. La convention néerlandaise fixe des objectifs chiffrés, et ses objectifs de 2025 pour la part de matériaux renouvelables ont été atteints. L’Angleterre a annoncé pour 2024 une interdiction de la vente au détail qui n’a pas été votée, et l’Écosse et le pays de Galles attendent une loi valable pour l’ensemble du Royaume-Uni. La Suisse s’appuie sur des déclarations d’intention. En Irlande, l’extraction commerciale s’est en grande partie arrêtée après une décision de justice de 2019, mais aucune date n’a été fixée pour la fin de l’utilisation de la tourbe. La France et l’Ukraine n’ont ni objectif ni interdiction.

Des terreaux contenant une part de miscanthus sont vendus en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, mais cette part est rarement indiquée sur le sac. Nous préparons pour la vente au détail un composant de substrat et un paillis issus de nos propres champs, et nous informerons toutes les personnes qui auront laissé leurs coordonnées dans le formulaire de cette page dès que les premiers lots seront prêts.

Une note de notre part

À propos de cet article

Nous avons rédigé cet article nous-mêmes. Nous cultivons le miscanthus et vendons du matériel de plantation ; nous nous sommes appuyés sur les sources citées plus bas et sur nos propres chiffres.

Les informations étaient à jour à la date de publication. Les politiques et les produits évoluent, et des erreurs sont possibles : vérifiez les chiffres avant de vous y fier.

Si vous relevez une erreur ou disposez de chiffres plus précis, écrivez-nous à info@miscanthus.eu ou utilisez le formulaire ci-dessous.

Signé L’équipe de Zelena Biomasna Energija
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Un peuplement de miscanthus sec au printemps, plus haut d’une tête qu’une personne qui lève le bras à côté, des arbres aux jeunes feuilles derrière
L’un de nos champs au printemps. Les tiges sèches de la saison passée dépassent une personne qui lève le bras.

Sources

  1. Conseil de l’Union européenne (2022). Peat reduction in horticultural growing media, information de la délégation allemande, note 9219/22. Hirschler, O. et al. (2022). Peat replacement in horticultural growing media: availability of bio-based alternative materials. Thünen Working Paper 190. Hirschler, O. & Osterburg, B. (2025). Resources, Conservation and Recycling 220 : 108330 (prix des composants de supports de culture rendus dans les usines allemandes, et prix en magasin des terreaux avec et sans tourbe).
  2. BMEL, le ministère fédéral allemand de l’Agriculture (2022). Torfminderungsstrategie, la stratégie allemande de réduction de l’usage de la tourbe (« jardiner sans tourbe, protéger le climat »). IVG (2024). Évaluation de la production allemande de supports de culture 2023. FNR/BMEL (2025). Statusbericht Torfminderung im Gartenbau (rapport d’étape sur la réduction de la tourbe en horticulture).
  3. Staatscourant 2023 nr. 7102, Convenant milieu-impact potgrond en substraten ; Jaarverslag 2025, le rapport annuel de la convention. Blok, C. et al. (2026). Future directions of the global growing media industry. Frontiers in Horticulture 5 : 1791241. Nieuwe Oogst, 5 mars 2026 (surface néerlandaise de miscanthus ; prix de la fibre pratiqué par un producteur, pour la litière, le paillis de jardin, l’isolation et l’impression 3D). Kekkilä-BVB (2023). Cultivating Miscanthus, an alternative raw material for growing media.
  4. Defra (2022). Sale of horticultural peat to be banned. Peat Free Partnership, calendrier législatif (2025–2026). Gouvernement écossais, lettre sur la tourbe horticole, 20 janvier 2026. OFEV/BAFU (Suisse), Torfausstiegskonzept et Faktenblatt Zwischenbilanz, 2024. RTÉ, 24 juin 2026 (commission de l’Oireachtas sur la tourbe horticole).
  5. GIEC (2006). Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories, vol. 4, chap. 7. Stichnothe, H. (2022). Life cycle assessment of peat for growing media. International Journal of Life Cycle Assessment 27 : 1270–1282. Sharma, B., He, H. & Roulet, N. T. (2025). Carbon Management 16(1). Altland, J. E. & Bugbee, B. G. (2026). Frontiers in Plant Science 17 : 1856037.
  6. Stucki, M. et al. (2019). Erweiterung der Studie “Torf und Torfersatzprodukte im Vergleich”. ZHAW. Fuhrmann, M. & Strasser, C. (2024). Ökobilanzierung von Torfersatzstoffen in Österreich. Land Niederösterreich. Ruett, J. et al. (2024). Sustainable Production and Consumption 49 : 163–178.
  7. Cárthaigh, D. et al. (1997). Acta Horticulturae 450 : 57–62. Jensen, H. E. K., Leth, M. & Iversen, J. J. L. (2001). Acta Horticulturae 549 : 137–146. Altland, J. E. & Locke, J. C. (2011). Journal of Environmental Horticulture 29(3) : 114–118.
  8. Kraska, T. et al. (2018). Cascading use of Miscanthus as growing substrate in soilless cultivation of vegetables and subsequent direct combustion. Scientia Horticulturae 235 : 205–213, cité d’après Kraska, T. & Pude, R. (2019). Obstbau 11/2019. Nguyen, V. T. H. et al. (2021). Acta Horticulturae 1305 : 301–308. Nguyen, V. T. H. et al. (2022). Agronomy 12 : 420.
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  12. Everard, C. D. et al. (2013). Evaluation of self-heating in Miscanthus x giganteus energy crop clamps. Energy 58 : 350–356. Wegener, U. (2023). Torfersatzstoffe und deren Anwendungspotenziale, Gütegemeinschaft Substrate für Pflanzen. Słomka, A. et al. (2012). Acta Biologica Cracoviensia Series Botanica 54(1) : 113–120 (stérilité du clone).
  13. Agrex Consulting pour FranceAgriMer (2020). Étude sur la formation des prix dans la filière française de production du miscanthus (coûts de récolte, de transport au champ, de stockage et de chargement ; distance d’approvisionnement des transformateurs). Chambre d’agriculture de la Gironde (2024). Fiche diversification miscanthus. Maschinenring Westfalen-Lippe / LWK NRW (2024). Erfahrungssätze (barème indicatif des travaux agricoles). Winkler, B. et al. (2020). Implementing miscanthus into farming systems. Renewable and Sustainable Energy Reviews 132 : 110053 (chargement des camions en broyat léger). Tarifs de fret routier TimoCom, 4e trimestre 2025, via transport-online.de. Naimi, L. J. & Sokhansanj, S. (2018). Fuel Processing Technology 173 : 81 (énergie consommée par le broyeur à marteaux). Prix du combustible et coût du pressage : notre article sur le miscanthus comme combustible.
  14. Photographies : la photo d’ouverture, Basotxerri via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 (Venner Moor, Basse-Saxe, avril 2017). Les autres photographies de Wikimedia Commons sont créditées dans leur légende. La photo de récolte du chapitre 04 et celle du champ dans la note ci-dessus sont les nôtres.
  15. Zelena Biomasna Energija : nos champs, notre récolte et nos projets de produits ; notre calcul des coûts et des marges par hectare.
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