Le miscanthus comme combustible : la valeur d’une tonne de balles
Brûlée dans une chaudière, une tonne de balles de miscanthus remplace du gaz, et sa valeur comme combustible correspond au prix de ce gaz l’année où elle est utilisée. Nous comparons le coût de la chaleur tirée des balles à celui de la chaleur produite au gaz, au fioul et aux granulés, dans l’UE et en Ukraine, et nous indiquons les cas où brûler des balles n’est pas rentable.
Partie 2 : séchoirs à grain et usines · Partie 3 : maisons, fermes et villages · Si vous n’avez pas de champ à vous, commencez ici
La valeur d’une tonne de balles de miscanthus, et les cas où le gaz revient moins cher
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Les balles de nos champs n’ont pas besoin d’être séchées avant d’être brûlées.
Sur nos champs, le miscanthus est pressé en janvier et février à 13–16 % d’humidité, et cette humidité descend à 12–15 % en pile. Un kilogramme de miscanthus sec contient 17,7 mégajoules d’énergie, plus que la paille de blé et moins que l’épicéa. -
Brûler une tonne de balles à la place du gaz professionnel permet d’économiser davantage que ne rapporterait sa vente.
Une tonne de balles remplace 3,64 mégawattheures de gaz (1 MWh = 1 000 kWh). Aux prix de 2025, cette quantité de gaz coûtait 173 € à une entreprise ukrainienne et 255 € à une exploitation agricole de l’UE. Dans nos propres ventes, la tonne se négocie à 110–115 € bord de champ, et sa production revient à environ 80 € avec un fermage ukrainien. Les annonces ukrainiennes pour l’export affichent 40–55 €, soit moins que le coût de production d’une tonne. -
Le miscanthus doit être brûlé dans une chaudière à paille, car ses cendres fondent presque à la même température que celles de la paille.
Le taux de cendres est de 2–4 %, les cendres ramollissent vers 970 °C, et la teneur en chlore atteint plusieurs fois la limite fixée par la norme des granulés de bois. Dans une chaudière à granulés ou à plaquettes conçue pour le bois, les cendres fondent et forment des blocs durs de mâchefer sur la grille, le support sur lequel brûle le combustible. Une chaudière à paille équipée d’une grille mobile et d’un filtre peut brûler ce combustible. -
Chaudière comprise, la chaleur des balles coûte à peu près autant que celle du gaz, ou moins, dans un séchoir comme dans une maison.
Dans un séchoir qui brûle les balles de la ferme, la chaleur coûte à peu près autant qu’avec le gaz professionnel ukrainien aux prix de 2025 et 2026, et nettement moins qu’avec le gaz des exploitations agricoles de l’UE. Chauffer une maison aux balles coûte à peu près autant que la chauffer au gaz dans l’UE. Une usine ne fait des économies que si elle possède déjà une chaudière à combustible solide. Les calculs figurent sur deux pages distinctes, l’une pour le séchoir et l’usine, l’autre pour la maison et la ferme. -
Au tarif gelé du gaz des ménages ukrainiens, le chauffage aux balles ne permet aucune économie.
Un ménage ukrainien paie son gaz à un prix gelé de 7,96 hryvnias le mètre cube. À ce prix, la chaleur du gaz coûte à peu près autant que celle de balles produites soi-même, et moins que celle de balles achetées. Dans notre modèle, le coût de plantation d’un champ destiné à chauffer une telle maison n’est jamais amorti, et le propriétaire gagnerait davantage à vendre les balles.
Le miscanthus contient un peu plus d’énergie que la paille de blé, et ses cendres fondent à peu près à la même température
Le centre technologique bavarois TFZ a mesuré pour Miscanthus × giganteus un pouvoir calorifique inférieur (PCI) de 17,7 MJ par kilogramme de matière sèche, soit 4,9 kWh. Les valeurs de la paille de blé et de l’épicéa figurent dans le tableau ci-dessous. Une partie de la chaleur sert à évaporer l’eau de la balle, si bien qu’une balle plus humide fournit moins de chaleur : 15,7 MJ/kg à 10 % d’humidité, 14,6 à 15 % et 13,7 à 20 %.
| Caractéristique | Miscanthus | Paille de blé | Granulés de bois / épicéa |
|---|---|---|---|
| PCI sur matière sèche | 17,7 MJ/kg | 17,2 MJ/kg | 18,8 MJ/kg (épicéa) |
| PCI sur brut | 14,6–14,7 MJ/kg à 15 % · 4,08 kWh/kg | ≈ 14 MJ/kg à 15 % | ≥ 16,5 MJ/kg à ≤ 10 % |
| Taux de cendres | 2–4 % (tiges 1–3, plante entière 3,9) | 5,7 % | ≤ 0,7 % |
| Ramollissement des cendres | ≈ 973 °C (déformation dès 835–890) | ≈ 998 °C | ≈ 1 426 °C |
| Chlore sur matière sèche | 0,04–0,37 % | ≈ 0,19 % | ≤ 0,02–0,03 % (norme) |
| Potassium sur matière sèche | ≈ 0,7 % | ≈ 1,0 % | ≈ 0,13 % |
| Masse volumique apparente | balles 120–180 kg/m³ · broyat 70–130 | balles 120–160 | ≥ 600 kg/m³ |
| Énergie par m³ | balle cubique ≈ 0,55 MWh | ≈ 0,5 MWh | ≈ 2,7 MWh |
| Norme de combustible | ISO 17225-6 / -7 (non ligneux) | ISO 17225-6 / -7 | ISO 17225-2 / ENplus |
L’humidité dépend de la date de récolte
Sur nos champs, les tiges sont coupées et pressées en janvier et février, lorsque le gel et le vent de l’hiver ont fait tomber les feuilles et évaporer la plus grande partie de l’eau des tiges. Les balles ont 13–16 % d’humidité au pressage et 12–15 % après stockage sous abri ; nous avons mesuré ces valeurs dans nos propres piles. Ces chiffres concordent avec le guide de culture bavarois, qui indique « 15 % et moins » pour une récolte tardive, et sont inférieurs à l’humidité relevée dans les essais publiés. Des balles aussi sèches n’ont pas besoin d’un séchage supplémentaire, et nous n’en faisons des granulés que sur commande d’un client.
Les balles humides
Après un printemps humide ou une coupe précoce, les balles ont 25 % d’humidité ou plus. Elles s’échauffent, moisissent et perdent 7–15 % de leur matière sèche avant d’être brûlées. Une pile stockée neuf mois sous un toit perd moins de 1 % de sa matière sèche ; à l’air libre, elle en perd 9 %.

Le détailCendres, chlore et notre méthode de calcul
Notre méthode de calcul
À 15 % d’humidité, une tonne de balles contient 4 080 kWh. Nous retenons un rendement de 82 % pour une chaudière à balles, de 92 % pour une chaudière à gaz et de 88 % pour le fioul et les granulés. Un mètre cube de gaz est compté pour 9,5 kWh dans l’UE et pour 8,64 kWh en Ukraine. Ces deux valeurs sont exprimées en PCI, c’est-à-dire sans la chaleur emportée par la vapeur d’eau des fumées. Eurostat publie les prix du gaz en PCS (pouvoir calorifique supérieur), qui inclut cette chaleur ; nous les convertissons donc en PCI. Sur cette base, une tonne de balles fournit 3,35 MWh de chaleur. Pour produire la même quantité de chaleur, une chaudière à gaz consomme 3,64 MWh de gaz, soit 380 m³ dans l’UE et 420 m³ en Ukraine, ou environ 400 m³ en chiffres ronds. Une balle cubique de 500 kg à 15 % d’humidité contient environ 2 000 kWh. Les rendements à l’hectare sont exprimés en tonnes de matière sèche (t MS), sans l’eau que contient la récolte ; à 15 % d’humidité, les balles pèsent environ 18 % de plus.
Les essais publiés ont relevé une humidité plus élevée. Un essai britannique portant sur 16 génotypes a mesuré au printemps une humidité moyenne des tiges de 22 %, avec des valeurs allant de 12 à 38 %. La seule étude publiée sur les balles indique 45–50 % pour des balles pressées en janvier.
Nous décrivons dans le chapitre consacré aux chaudières sur la page chauffage les fabricants qui indiquent le miscanthus parmi les combustibles admis, les chaudières qui le brûlent sans que leur fabricant le mentionne, le seul modèle testé avec ce combustible en Allemagne et des chaufferies à paille d’une puissance allant jusqu’à 15 MW.
Les cendres
Les tiges récoltées tard laissent 1–3 % de cendres, et une plante entière pressée avec ses feuilles en laisse près de 4 %, contre 0,6 % pour le bois. Les cendres de miscanthus commencent à se déformer à 835–890 °C et ramollissent presque à la même température que celles de la paille de blé, bien en dessous du point de ramollissement des cendres d’épicéa. Ce comportement s’explique par le potassium et le chlore contenus dans les tiges des graminées : ces éléments forment dans les cendres une phase vitreuse qui fond à des températures relativement basses. La teneur en chlore est de 0,04–0,37 % de la matière sèche ; la norme des granulés de bois en autorise 0,02–0,03 %.
Les cendres de paille de blé ramollissent à 998 °C, celles de l’épicéa à 1 426 °C. Sur la grille d’une chaudière à bois, la température dépasse le point de ramollissement des cendres de miscanthus ; sur celle d’une chaudière à paille, elle reste en dessous.
Une chaudière à bois
Dans une chaudière conçue pour le bois, les cendres fondent en mâchefer dur dès que la grille monte en température. Les fumées deviennent acides, et la chaudière n’atteint pas sa puissance nominale.
Une chaudière à paille
Dans une chaudière conçue pour la paille, le même combustible brûle sans former de mâchefer. Une grille mobile ou à gradins évacue les cendres avant qu’elles ne fondent. Le cendrier est deux à trois fois plus grand que celui d’une chaudière à bois, et le foyer est garni d’inox ou de matériau réfractaire. Ce combustible émet plusieurs fois plus de poussières que le bois, et un filtre les retient.


En 2025, à ne compter que le combustible, la chaleur des balles revenait moins cher que celle du gaz professionnel, du fioul et des granulés
Le prix de la chaleur est égal au prix du combustible divisé par le rendement de la chaudière. Toutes les courbes du graphique sont calculées ainsi et ne portent que sur le combustible. La chaudière, les frais de fonctionnement et le coût de production d’une tonne sont ajoutés au chapitre 04.
Euros par mégawattheure de chaleur, de 2020 à 2026
Balles bord de champ
Notre prix bord de champ, qui correspond à la courbe « Balles bord de champ » du graphique, est de 110–115 € la tonne pour des balles en sortie de presse, enlevées par l’acheteur. Une chaudière à balles d’un rendement de 82 % produit 3 350 kWh de chaleur avec une tonne ; au milieu de la fourchette de prix, la chaleur revient donc à 34 € le mégawattheure, soit 3,4 centimes le kilowattheure.
Balles rendues
La chambre d’agriculture de Basse-Saxe publie un barème pour le transport de la paille : 6,50 € la tonne, plus 15 centimes par tonne et par kilomètre. Avec ce barème, une tonne transportée sur 50 km revient à 125–130 € rendue, et la chaleur qu’elle fournit coûte 38 € le mégawattheure ; la courbe « Balles rendues » du graphique correspond à ce cas. Avec 150 km de transport, la chaleur coûte 43 €. En 2025, la chaleur produite au gaz, au fioul ou aux granulés coûtait plus cher que celle des balles rendues dans tous les cas du graphique, sauf au tarif des ménages ukrainiens, à 25 €.
Calculateur
- Chaleur des balles
- 34 €/MWh
- Chaleur du gaz
- 76 €/MWh
- Une tonne de balles remplace
- 255 € de gaz
- Gaz remplacé par hectare
- 8 100 m³/an
- Hectares pour chauffer une maison de 150 m²
- 0,3
- Hectares pour sécher 1 000 t de maïs
- 3,1
À titre de comparaison, les prix arrondis du gaz en 2025, en euros par mégawattheure de gaz, étaient de 23 € pour le gaz des ménages ukrainiens (7,96 UAH/m³ plus la distribution), de 48 € pour le gaz professionnel ukrainien (50 € en 2026), de 70 € pour le gaz des exploitations agricoles de l’UE et de 131 € pour le gaz des ménages de l’UE. La maison de 150 m² a besoin de 20 000 kWh de chaleur par an, et le séchage d’une tonne de maïs demande 210 kWh de chaleur, fournie par un foyer d’un rendement de 80 %. Le calcul repose sur les hypothèses du chapitre 02, avec un mètre cube de gaz compté pour 9,5 kWh comme dans l’UE ; la chaudière n’est pas comprise.
Le détailLes hausses de prix de 2022 et de 2026, et les combustibles moins chers que les balles
Les prix du gaz et du pétrole ont fortement augmenté à deux reprises depuis 2020, en 2022 puis en 2026.
Les prix du gaz en 2022
Sur le TTF, la place de marché néerlandaise qui sert de référence pour le prix du gaz en Europe, le gaz de gros valait en moyenne 10 € le mégawattheure en 2020 et 236 € en août 2022. Pour les exploitations agricoles de l’UE, la chaleur au gaz est passée de 35 à 92 € le mégawattheure, et celle du fioul domestique en Allemagne de 53 à 148 €.
Le prix du gaz pour les ménages de l’UE après 2022
En 2025, un ménage de l’UE payait sa chaleur au gaz 76 % plus cher qu’en 2020, alors que le gaz de gros était retombé au quart de sa moyenne de 2022. Les frais de réseau et les taxes ne baissent pas avec le prix de gros, et les taxes représentent à elles seules environ un tiers de la facture.
Les prix du pétrole et du gaz en 2026
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, et le détroit d’Ormuz a été fermé. Le Brent s’est négocié en moyenne à 120 dollars le baril en avril. Le prix du gaz de gros a doublé pour atteindre environ 60 € en août, puis 80 € le 24 septembre. En août, la chaleur produite au fioul en Allemagne coûtait 162 € le mégawattheure. Ce prix dépassait la moyenne annuelle de 2022 (148 €) et n’était inférieur que de quelques pour cent au record mensuel de 2022.
Le charbon
Le charbon ne figure pas sur le graphique. La chaleur produite au charbon coûtait 15 € le mégawattheure hors prix européen du carbone, que les grandes installations paient sur chaque tonne de CO₂ émise, et 49 € avec ce prix. Pour une installation soumise au système d’échange de quotas de l’UE, la chaleur produite au charbon revient donc plus cher que celle des balles ; pour une installation qui n’y est pas soumise, elle revient moins cher. Nous retenons le prix du charbon à Rotterdam.
Le tarif des ménages ukrainiens
Le tarif du gaz des ménages ukrainiens est de 7,96 hryvnias le mètre cube depuis mai 2021, et il est gelé au moins jusqu’en avril 2027. À ce tarif, la chaleur coûte moins cher qu’avec des balles achetées, et à peu près autant qu’avec des balles produites soi-même.
Le coût de la chaleur des balles et du gaz, chaudière et frais de fonctionnement compris
Le graphique des prix ne porte que sur le combustible. Or un acheteur paie toute l’installation de chauffage, très différente pour le gaz et pour les balles. Les calculs pour la maison, le séchoir et l’usine figurent sur les deux autres pages et sont résumés ici.
Le gaz arrive par une conduite jusqu’à une chaudière bien moins chère qu’une chaudière à paille et qui fonctionne sans surveillance. Les balles doivent être cultivées, récoltées, stockées sous un toit et portées jusqu’à la grille, et le champ où pousse le miscanthus aurait pu être loué. Nous comptons donc tous les coûts des deux combustibles, en euros par mégawattheure de chaleur.
Coûts pris en compte
Les balles sont comptées à leur coût de production selon notre modèle prévisionnel, le budget type que nous avons établi pour un hectare. La chaudière est comptée sous forme d’annuités sur 15 ans à 6 %, avec son électricité, les heures passées à la surveiller et, pour une usine, l’évacuation des cendres. Lorsque le gaz nécessite aussi une chaudière, nous la comptons de la même façon. Nous laissons hors du calcul l’entretien et le ramonage pour les deux combustibles, ainsi que les frais de raccordement au gaz et le hangar si vous n’en avez pas déjà un.
Vendue au prix bord de champ, une tonne laisse une marge de 30–35 € sur son coût de production avec un fermage ukrainien. Brûlée dans une chaudière, elle remplace 3,64 mégawattheures de gaz, d’une valeur de 173 € pour une entreprise ukrainienne et de 255 € pour une exploitation agricole de l’UE aux prix de 2025. De cette économie, il faut déduire le coût de production, la chaudière, l’électricité et le temps de surveillance. Le résultat de chaque cas figure dans les encadrés ci-dessous.
le coût de culture et de pressage d’une tonne sur une plantation de 20 ans, selon notre modèle prévisionnel, avec des rhizomes au prix catalogue et sans compter la terre. Cela représente 17 € le mégawattheure de combustible et 21 € le mégawattheure de chaleur, ou 24 € avec un fermage ukrainien.
Tous coûts compris, la chaleur des balles revient à 134–243 € le mégawattheure, contre 191–229 € pour le gaz aux prix payés par les ménages allemands en 2025 ; pour une maison, la chaudière coûte plus cher que le combustible. Une grande propriété qui remplace le fioul par des balles fait des économies, même en comptant la chaudière.
Le calcul pour la maison Un séchoir à grainSécher le grain aux balles coûte à peu près autant qu’au gaz professionnel ukrainien en 2025 et 2026, davantage en 2024, et moins qu’au gaz des exploitations agricoles de l’UETous coûts compris, la chaleur des balles brûlées dans un foyer avec échangeur de chaleur revient à 43–60 € le mégawattheure, ou à 47 € avec un fermage ukrainien. Dans un séchoir au gaz à chauffe directe, où les gaz de combustion traversent le grain, la chaleur coûte 36–50 € en Ukraine et 70 € dans une exploitation de l’UE.
Le calcul pour le séchoir Une sucrerieLes balles ne sont rentables que pour une usine qui possède déjà une chaudière à combustible solideLa chaleur des balles livrées sous contrat coûte 38 € le mégawattheure, plus 8 € pour le fonctionnement de la chaudière et l’évacuation des cendres. En 2025, la chaleur au gaz coûtait 73 € dans l’UE, prix du carbone compris, et 52 € en Ukraine. Une chaufferie neuve construite pour une campagne de 100 jours ajoute environ 50 € le mégawattheure ; dans ce cas, la chaleur des balles coûte plus cher que celle du gaz chaque année, sauf une année comme 2022.
Le calcul pour la sucrerieLe détailLe coût de production d’une tonne
Le modèle prévisionnel
Dans notre modèle prévisionnel, établi à partir des tarifs croates des travaux mécanisés, la première année d’un hectare coûte 5 100 €, rhizomes compris à notre prix catalogue. Ce montant couvre la préparation du sol, la plantation mécanique, la fumure d’implantation, trois passages d’herbicide, une provision pour imprévus et le broyage en fin de saison. La première récolte, 12 t issues de la deuxième saison, coûte 790 €. Une récolte complète de 20 t sur une plantation adulte coûte 1 120 € par an, soit 56 € la tonne en balles rondes.
Terre et financement
Sans compter la terre, une tonne coûte 86 € à produire sur une plantation de 10 ans, 75 € sur 15 ans et 70 € sur 20 ans. Avec un fermage ukrainien supposé de 200 € l’hectare, le coût sur 20 ans passe à 81 €. Avec les baux croates sur lesquels repose le modèle, il atteint 102 € sur des terres de l’État et 124 € sur des terres privées louées 1 000 € l’hectare. Le modèle ne comprend ni le financement, ni la fumure après l’implantation, ni le stockage, ni l’arrachage de la plantation. Un prêt à 6 %, une fumure tous les trois ans et une bâche ajouteraient 15–25 € la tonne.
Les règles applicables à la combustion du miscanthus varient selon le pays, le type et la puissance de la chaudière
L’Allemagne autorise le miscanthus dans une chaudière automatique ayant passé l’essai de type, c’est-à-dire un modèle qu’un institut d’essai a testé et homologué avec ce combustible ; la règle allemande ne s’applique pas aux poêles à granulés. Dans les zones antismog polonaises, une chaudière doit porter un label que les chaudières à paille n’ont pas, et en France une chambre d’agriculture recommande une grille mobile ou réfractaire. Nous n’avons trouvé aucun pays dont la réglementation autorise le miscanthus dans un poêle à granulés. Les règles applicables en Ukraine et dans l’ensemble de l’UE sont présentées ci-dessous.
Combustible et tarif. Le biocombustible solide n’est soumis à aucune accise, mais il est assujetti à la TVA de 20 %. La chaleur issue de biomasse peut être vendue à un tarif allant jusqu’à 90 % de celui de la chaleur produite au gaz (loi 1959-VIII). Le tarif du gaz des ménages est gelé jusqu’au 30 avril 2027.
Autorisations. Toute source fixe de combustion est soumise à une autorisation de rejets atmosphériques, délivrée par le service de l’environnement de l’oblast (région). La catégorie de la source, et donc les formalités, dépendent de ses émissions plutôt que de son combustible.
Petites chaudières. Les règles d’écoconception (lot 15) exemptent les chaudières conçues pour des combustibles non ligneux.
Grandes installations. La directive sur les installations de combustion moyennes (MCP) couvre les installations de 1 à 50 MW, et la directive sur les émissions industrielles (IED) celles de 50 MW et plus, dont relèvent les chaudières d’une sucrerie. Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE) s’applique dès 20 MW, et les émissions issues de la biomasse y sont considérées comme nulles lorsque celle-ci remplit les critères de la directive sur les énergies renouvelables. Les critères de durabilité de RED III s’appliquent dès 7,5 MW, comme expliqué au chapitre 06. À partir de 2028, un second système d’échange, l’ETS2, soumettra à un prix du carbone le gaz et le fioul utilisés dans les bâtiments et la petite industrie. L’Ukraine prévoit son propre système d’échange de quotas à partir de la même année.
Autorisations et prix du carbone
Les règles applicables aux petites chaudières en Allemagne, en Autriche, en Pologne et en France, dont l’essai de type allemand, sont présentées sur la page chauffage. Selon les règles ukrainiennes et européennes, une installation plus grande qui brûle du miscanthus est soumise à la même autorisation que toute autre chaudière de même puissance. L’Allemagne est plus stricte pour les combustibles de type paille : elle exige une autorisation dès 100 kW de puissance thermique de combustion. À partir de 2028, le gaz et le fioul utilisés dans les bâtiments et la petite industrie seront eux aussi soumis, dans toute l’UE, à un prix du carbone comparable à celui qui rend déjà le charbon plus cher que les balles pour les installations relevant du système d’échange de quotas de l’UE.


Selon une étude ukrainienne, remplacer le gaz par du broyat de miscanthus réduit de 85 à 92 % les émissions de CO₂ liées à la chaleur
En 2018, Oleksandra Tryboi, de l’Institut de thermophysique technique de Kyiv, a modélisé une chaudière à plaquettes de 500 kW sur 20 ans à partir des chiffres de producteurs ukrainiens. La chaîne d’approvisionnement du modèle comprend 33 hectares de miscanthus, qui fournissent chaque année 464 tonnes de broyat, soit environ 1 400 mégawattheures de chaleur.
Le ratio énergétique diminue quand la distance de transport augmente
Oleksandra Tryboi a comparé cette chaleur à l’ensemble des intrants fossiles : le gazole, les engrais, les camions, l’électricité de la chaudière et la fabrication de la chaudière. Le ratio est le plus élevé quand le miscanthus est cultivé à côté de la chaudière, et il diminue à mesure que la distance de transport augmente, car le transport consomme du gazole. Avec 100 km de transport, la chaîne d’approvisionnement fournit 10,4 unités de chaleur par unité d’énergie fossile. À 400 km, le ratio reste juste au-dessus de l’objectif que l’étude emprunte à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), tracé sur le graphique ci-dessous. Une chaudière au gaz ou au fioul fournit moins de chaleur qu’elle ne consomme d’énergie fossile.
pour du broyat produit à côté de la chaudière, électricité et fabrication de la chaudière comprises.
Les règles de l’UE n’imposent aucune réduction des émissions aux installations de moins de 7,5 MW, comme les chaudières de ferme et les séchoirs
La troisième directive européenne sur les énergies renouvelables, RED III, n’exige une réduction des émissions qu’à partir de 7,5 MW de puissance thermique, et une installation mise en service après novembre 2023 doit démontrer une réduction de 80 %. L’exploitant fait lui-même le calcul, car l’UE n’a publié aucune valeur par défaut pour le miscanthus. La chaîne d’approvisionnement de l’étude dépasse ce seuil de 10 points de pourcentage à 100 km, et encore d’un point à 600 km.
Les émissions de CO₂ par kilowattheure
Dans la directive européenne sur les énergies renouvelables, la réduction des émissions se calcule par rapport à une valeur de référence de 80 grammes de CO₂ par mégajoule pour la chaleur produite au gaz, soit 288 grammes par kilowattheure. Sur la même base, la chaîne d’approvisionnement de l’étude émet 22 grammes par kilowattheure de chaleur bord de champ, 27 grammes avec 100 km de transport et 43 grammes à 400 km. Les réductions sont donc de 92 %, 91 % et 85 %. Une tonne de balles brûlée à la place du gaz fournit 3,35 MWh de chaleur ; avec la valeur bord de champ, cela représente environ 0,9 tonne de CO₂ évitée. La réduction ne tombe à 60 %, niveau que l’étude juge acceptable, que si le broyat est transporté sur 1 700 km.
Chaleur obtenue par unité d’énergie fossile, selon la distance de transport
Le détailIntrants, saule et hypothèses de l’étude
Les intrants
Le premier poste d’énergie fossile, avec 38 % du total, regroupe l’électricité et les réparations de la chaufferie ; viennent ensuite la culture, avec 27 %, et la récolte, avec 15 %.
Le saule
Le saule est récolté vert, si bien que ses plaquettes contiennent 8,4 mégajoules par kilogramme, contre 13,7 pour le broyat de miscanthus. Chaque tonne transportée fournit donc moins de chaleur pour la même quantité de gazole, et dans la même étude, la réduction des émissions obtenue avec le saule passe sous 60 % à 390 km.
Les hypothèses
L’étude suppose une seule fumure, à la plantation, et quatre passages d’herbicide en 20 ans. Elle n’accorde aucun crédit au carbone stocké dans le sol par les racines et ne compte aucune émission liée à l’usage antérieur des terres. Elle porte sur du broyat brûlé dans une chaudière de 500 kW ; nous n’avons trouvé aucun calcul comparable pour des balles brûlées dans un séchoir ou dans la chaudière d’une usine.


Le coût de plantation d’un hectare est amorti le plus vite lorsque les balles remplacent du gaz professionnel
Un hectare de miscanthus est planté une seule fois, puis récolté chaque hiver pendant 20 ans ; la première récolte a lieu en janvier et février, après la deuxième saison. Si les rhizomes sont conformes à leurs documents et si le premier hiver est normal, il n’y a ni replantation ni regarnissage à prévoir. Le revenu tiré d’un hectare dépend de son rendement et du combustible que ses balles remplacent.
Trésorerie cumulée d’un hectare sur 20 ans, selon que les balles remplacent du gaz ou sont vendues
- Gaz d’une exploitation agricole de l’UE, 2025 · année 3 · 61 k€
- Gaz professionnel ukrainien, 2025 · année 5 · 31 k€
- Gaz professionnel ukrainien, 2024 · année 7 · 16 k€
- Balles vendues 110–115 € · année 8 · 12 k€
- Tarif des ménages ukrainiens · jamais · −2 k€
Le calcul repose sur notre modèle prévisionnel sur 20 ans ; il comprend le fermage, la récolte et l’entretien, mais pas la chaudière. Lorsque les balles remplacent du gaz professionnel ukrainien aux prix de 2025, l’économie nette d’un hectare est d’environ 2 000 € par an une fois la plantation en pleine production. Lorsque les balles sont vendues au prix bord de champ, le coût de plantation est amorti plus lentement, car chaque tonne vendue ne laisse qu’une faible marge sur son coût de production. Les autres cas figurent sur le graphique.
aux prix de 2025, fermage compris et chaudière exclue ; le gain cumulé atteint 31 000 € la vingtième année
Le choix de la parcelle
Le miscanthus a besoin d’un sol profond qui retient l’eau et de 500 mm de pluie par an. Les sables secs et les argiles engorgées ne conviennent pas, même lorsque les autres cultures y rapportent peu.
Le sol se prépare comme pour un maïs, puis on plante par hectare 17 800 rhizomes, fragments de tige souterraine à partir desquels la plante se développe. Pendant la première saison, l’essentiel du travail consiste à désherber.
Nous conseillons de planter la parcelle la moins rentable qui convienne à la culture et de brûler les balles là où le gaz coûte le plus cher.
Ne plantez pas pour produire du combustible si
- vous n’avez pas de facture de gaz professionnel à remplacer, car dans notre modèle le coût de plantation n’est jamais amorti lorsque les balles remplacent du gaz payé au tarif gelé des ménages ;
- vous n’avez aucun endroit sec où stocker 20 tonnes de balles par hectare ;
- votre séchoir tourne six semaines par an et la chaudière n’a pas d’autre usage en hiver ;
- un autre usage de la terre rapporte plus de 1 000 € par hectare environ ;
- il vous faut le combustible avant le troisième automne après la plantation.
Si vous achetez votre gaz au tarif professionnel et disposez d’un hangar, une plantation destinée au combustible est rentable dans notre modèle, à condition qu’aucune des situations ci-dessus ne corresponde à votre cas. Choisissez la chaudière avant de planter les rhizomes.
Le détailLes 20 ans d’une plantation, les principaux postes de coût et les débouchés des balles
- Année 1les rhizomes coûtent 3 000–3 600 €, et 5 100 € au total avec les travaux au champ ; la culture ne donne pas encore de récolte exploitable
- Année 2environ 60 % d’une pleine récolte, soit 12 t de balles, récoltées en janvier et février de l’année 3 et disponibles pour le troisième automne après la plantation
- Dès l’année 320 t de balles par an dans le modèle prévisionnel ; un de nos champs ordinaires en produit 21 t
- Année 20la plantation est détruite par un passage d’herbicide et un labour ; le modèle ne prévoit aucun coût d’arrachage

Le coût de récolte
Dans notre modèle prévisionnel, le coût de récolte pèse davantage sur le budget que le prix des rhizomes. Le modèle compte 56 € la tonne pour faucher, andainer, presser, ramasser et empiler des balles rondes de 300 kg. Avec des balles cubiques et un champ aménagé pour les machines, le coût descend à environ 30 €. L’écart de 26 € la tonne, sur 20 t par an, représente 10 000 € par hectare sur la durée de la plantation.
Le prix des combustibles remplacés par les balles
En Allemagne, les granulés de bois coûtaient 233 € la tonne en 2020, 519 € en 2022 et 454 € en septembre 2026. De plus, les règles européennes sur les énergies renouvelables donnent désormais la priorité aux usages de la biomasse ligneuse à plus forte valeur ajoutée plutôt qu’à sa combustion. Une exploitation qui produit son propre combustible ne dépend ni du marché des granulés ni de celui du gaz. Les prix peuvent aussi baisser : en 2020, une usine de l’UE et une entreprise ukrainienne payaient leur chaleur au gaz moins cher que ne leur aurait coûté la chaleur des balles. Il est donc prudent d’établir le budget aux prix de 2020 aussi bien qu’à ceux de cette année.
Le marché des balles
Les prix affichés dans les annonces ukrainiennes pour l’export (40–55 €) sont inférieurs au coût de production d’une tonne, et nous n’avons trouvé aucune trace d’un acheteur ukrainien de combustible qui paierait notre prix. À un prix de vente inférieur à 100 € la tonne environ, le coût de plantation n’est pas amorti en 10 ans, et au prix des annonces ukrainiennes pour l’export, il ne l’est jamais. Le marché est local et compte peu d’acheteurs ; il faut donc avoir trouvé un acheteur, ou prévu sa propre chaudière, avant de planter.
Le prix des balles selon les pays
Dans nos propres ventes, la tonne de balles se négocie à 110–115 € bord de champ, en sortie de presse, avec enlèvement par l’acheteur. En Allemagne, le broyat de miscanthus se vend environ 120 € la tonne départ ferme. En France, le prix est de 110–160 € la tonne de matière sèche, surtout comme litière pour les animaux, et l’exploitant de la chaufferie d’un village alsacien a payé ses producteurs environ 110 € la tonne rendue en 2023. Au Royaume-Uni, les balles se vendent 55–75 £ la tonne.


Surface à planter et calendrier
Une exploitation avec séchoir
Comptez trois hectares par tranche de 1 000 tonnes de maïs séchées. Un champ planté au printemps 2027 fournit ses premières balles pour la campagne de séchage 2029 et une pleine récolte à partir de 2030. Le foyer et les calculs sont présentés sur la page séchage.
Une grande propriété ou un village
Plantez un tiers d’hectare par maison et choisissez une chaudière conçue pour la paille. Pendant les deux hivers qui précèdent la première récolte, la chaudière peut brûler des plaquettes achetées. Les prix des chaudières, ainsi que des exemples d’installations en service en Alsace, en Cornouailles, en Bavière et en Autriche, figurent sur la page chauffage.
Une usine
Contractualisez 1 000 hectares ou plus et organisez leur plantation par tranches. Les calculs et la chaîne d’approvisionnement sont présentés dans le chapitre consacré aux sucreries, sur la page séchage.
Le miscanthus comme combustible : les deux autres volets
Nous y décrivons des exploitations passées du gaz aux balles, le foyer et l’alimentation en combustible, et nous y donnons la comparaison en coût complet pour un séchoir ainsi que les calculs pour une sucrerie.
Lire Maisons, fermes et villagesChauffer une maison, une ferme ou un village au miscanthusNous y comparons le coût annuel avec celui du gaz, du fioul et des granulés, et nous y décrivons la chaudière nécessaire, des exemples d’utilisateurs, les règles par pays et les cas où il vaut mieux garder la chaudière à gaz.
LireQuestions fréquentes
Les balles conviennent aux chaudières de ferme et aux séchoirs ; stockées en pile sous un toit, elles sèchent jusqu’à 12–15 % d’humidité. Le broyat se prête à une alimentation par vis et occupe cinq à sept fois plus de volume que les granulés. Les granulés ne peuvent être brûlés que dans une chaudière conçue pour les granulés agricoles, comme la Powercorn de Guntamatic, et non dans un poêle à granulés. Avec du miscanthus pur, il est difficile d’obtenir des granulés d’une bonne durabilité mécanique. Aux prix de 2025, les granulés de miscanthus coûtent à peu près autant à la tonne que les granulés de bois et fournissent moins de chaleur par tonne. Les briquettes sont faites de tiges compressées ; dans une chaudière à bûches, elles forment du mâchefer, c’est-à-dire des blocs de cendres fondues. Un utilisateur allemand a indiqué que la moitié de son combustible ressortait de la chaudière sous forme de scories.
Les balles de nos champs n’ont pas besoin d’être séchées, à condition que la coupe soit tardive et suive une période sèche. Pressées en janvier et février, elles ont une humidité de 13–16 %, qui descend à 12–15 % en pile. Après une récolte précoce ou humide, l’humidité atteint 25 % ou plus, et les balles doivent passer une saison sous abri.
La chaleur produite avec des balles achetées 110–115 € la tonne coûte environ 34 € le mégawattheure, soit 3,4 centimes le kilowattheure, et 38 € si les balles sont rendues. Avec les balles de votre propre champ, elle coûte 21–24 € le mégawattheure pour le seul combustible, et 30–40 € en comptant l’électricité et le travail que demande la chaudière, d’après les chiffres d’une chaufferie à paille allemande. En 2025, un mégawattheure de chaleur coûtait 15 € avec le charbon hors prix du carbone et 49 € avec ce prix, 25 € avec le gaz des ménages ukrainiens, 52 € avec le gaz professionnel ukrainien et 55–76 € avec le gaz professionnel de l’UE. Il coûtait 81 € avec les granulés de bois, 96 € avec une pompe à chaleur alimentée en électricité au prix payé par les ménages de l’UE, 106 € avec le fioul et 143 € avec le gaz des ménages de l’UE.
Le miscanthus est récolté entre janvier et avril : il est soit fauché avec une faucheuse-conditionneuse puis pressé, soit haché avec une ensileuse pour obtenir du broyat. Sur nos champs, la récolte a lieu en janvier et février. Bien organisée, elle coûte environ 30 € la tonne de balles. En fin d’hiver, le sol doit être assez ferme pour porter les machines.
En 2026, dans nos propres ventes, la tonne de balles se négocie à 110–115 € bord de champ, en sortie de presse, avec enlèvement par l’acheteur. Une fois en pile, ces balles ont une humidité de 12–15 %. En Allemagne, le broyat de miscanthus se vend environ 120 € la tonne départ ferme, en France 110–160 € la tonne de matière sèche, surtout comme litière pour les animaux, et au Royaume-Uni 55–75 £. Les prix affichés dans les annonces ukrainiennes pour l’export (40–55 €) sont inférieurs au coût de production d’une tonne, et nous n’avons trouvé aucune trace d’un acheteur ukrainien de combustible qui paierait notre prix. Le marché est local et compte peu d’acheteurs. Faute d’acheteur, les balles peuvent être brûlées dans votre propre séchoir ou votre chaudière, où une tonne remplace 173 € de gaz professionnel ukrainien ou 255 € de gaz des exploitations agricoles de l’UE, aux prix de 2025.
Le centre technologique bavarois TFZ a mesuré pour Miscanthus × giganteus un pouvoir calorifique inférieur (PCI) de 17,7 MJ par kilogramme de matière sèche, soit 4,9 kWh. À 15 % d’humidité, une balle fournit 14,6–14,7 MJ/kg, soit 4,08 kWh par kilogramme ; une tonne contient donc environ 4 MWh, et une balle de 500 kg environ 2 MWh. Sur matière sèche, le PCI de la paille de blé est de 17,2 MJ/kg et celui de l’épicéa de 18,8 MJ/kg.
Une analyse de cycle de vie ukrainienne portant sur une chaudière à plaquettes de 500 kW a pris en compte toute l’énergie fossile consommée : le gazole, les engrais, l’électricité de la chaudière et la fabrication de la chaudière. Pour chaque unité d’énergie fossile, la chaîne d’approvisionnement fournit 15,5 unités de chaleur quand le miscanthus est cultivé à côté de la chaudière, 10,4 quand le broyat est transporté sur 100 km et 5,3 à 400 km. Sur la même base, le ratio est de 13 pour les plaquettes forestières, de 3,3 pour les granulés de bois séchés avec un combustible fossile et de 0,7 pour une chaudière au gaz ou au fioul. Si l’on ne compte que le champ, la récolte et le stockage, le broyat contient 37 fois l’énergie fossile dépensée pour le produire ; une synthèse britannique donne un ratio de 47 pour la culture elle-même.
La valeur de référence de l’UE pour la chaleur produite au gaz est de 288 g de CO₂ par kilowattheure. Pour la chaleur produite avec du broyat de miscanthus, une analyse de cycle de vie ukrainienne de 2018 aboutit à 22 g bord de champ, 27 g avec 100 km de transport et 43 g à 400 km, soit des réductions de 92 %, 91 % et 85 %. L’étude retient une seule fumure, à la plantation, ainsi que quatre passages d’herbicide en 20 ans ; elle n’accorde aucun crédit au carbone du sol. RED III s’applique aux installations d’une puissance thermique de 7,5 MW ou plus, et aucune règle de l’UE n’impose de réduction des émissions à une installation plus petite. Une installation neuve doit démontrer une réduction de 80 %, et la chaîne d’approvisionnement de l’étude satisfait encore à cette exigence avec 600 km de transport. L’UE n’a pas fixé de valeur par défaut pour le miscanthus ; l’exploitant de chaque installation calcule donc la sienne, et une plantation fertilisée tous les ans, ou du broyat transporté à travers l’Europe, aboutirait à une réduction plus faible. Dans le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE), les émissions issues de la biomasse sont considérées comme nulles. Il s’agit d’une convention comptable ; les émissions calculées dans l’étude sont celles indiquées plus haut.
À propos de cet article
Nous avons rédigé cet article nous-mêmes. Nous cultivons le miscanthus et vendons du matériel de plantation ; nous nous sommes appuyés sur les sources citées plus bas et sur nos propres chiffres.
Les informations étaient à jour à la date de publication. Les prix et les règles évoluent, et des erreurs sont possibles : vérifiez les chiffres avant de vous y fier.
Si vous relevez une erreur ou disposez de chiffres plus précis, écrivez-nous à info@miscanthus.eu ou utilisez le formulaire ci-dessous.
Sources
- TFZ Straubing, K. Reisinger. Thermische Verwertung von Miscanthus im Vergleich zu Holz (2009), Landtechnikbericht 154 : PCI 17,7 MJ/kg MS ; cendres 3,9 % (2,3–5,6) ; ramollissement des cendres 973 °C ; Cl 0,22 %, K 0,72 % ; mesures de HCl et de poussières ; « pas de miscanthus dans les chaudières classiques à plaquettes ou à granulés ».
- TFZ, Anbauhinweise Chinaschilf (2007) : humidité à la récolte ≤ 15 % en récolte tardive ; exigences pédoclimatiques.
- FNR, Basisdaten Bioenergie (2022) : PCI de 14,6 MJ/kg à 15 % d’humidité ; masses volumiques apparentes.
- ISO 17225-1 (correction d’humidité), 17225-2 (granulés de bois), 17225-6 et 17225-7 (granulés et briquettes non ligneux) ; limites de chlore ENplus.
- Jensen, E. et al. (2017). Humidité, cendres et chlore des tiges au printemps chez seize génotypes de miscanthus. PMC5412913.
- Biosystems Engineering (2009), étude sur les balles de miscanthus : balles de janvier à 45–50 % d’humidité, avec 12–15 % de pertes de matière sèche ; en mars, 25–30 %.
- Sood, K. et al. (2014). Stockage de balles de miscanthus pendant neuf mois : 0,77 % de pertes de matière sèche sous abri, contre 9,24 % à découvert. ASABE.
- Base de données Phyllis2 (TNO), échantillons de miscanthus #948, #3168, #3171, #2831 (déformation des cendres à 835–890 °C) ; DBFZ (2008), teneur en chlore de 0,04–0,37 %.
- Frontiers in Energy Research (2025). Dépôts de cendres dans les petits appareils à biomasse : chlorures et potassium des granulés de miscanthus comparés au bois résineux.
- Discussions du forum LandTreff (2011, 2022, 2025) ; holzheizer-forum (2017), cas de mâchefer avec des briquettes ; Chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine, recommandation miscanthus biocombustible (2026) ; note du CIBE (2011).
- Guntamatic (Powercorn, Powerchip), Hargassner (Eco-HK), Ökotherm (Compact), ETA (Hack), Linka Energy, Reka : documentation des fabricants, 2026.
- Eurostat, nrg_pc_202 (gaz, ménages), nrg_pc_203 (gaz, clients non résidentiels, tranches I3 et I5), nrg_pc_204 (électricité), données jusqu’au second semestre 2025, mises à jour le 24 septembre 2026.
- Banque mondiale, Commodity Price Data, données mensuelles jusqu’en août 2026 : TTF, Brent, charbon ; taux de référence de la BCE ; taux officiels de la Banque nationale d’Ukraine.
- Destatis, Statistischer Bericht Energiepreisentwicklung, tableau 61241-11 (fioul domestique, hors TVA ; nous avons ajouté 19 % de TVA) ; indice des prix des granulés DEPI/DEPV (6 t, TVA comprise), 2020–2026.
- AIE, Coal 2025 et mises à jour sur le marché du charbon (prix ARA) ; prix des quotas EUA, ICE, 2026.
- Naftogaz (tarif des ménages 7,96 UAH/m³, valable jusqu’au 30 avril 2027) ; NERC, le régulateur ukrainien de l’énergie ; archives tarifaires de minfin.com.ua ; ministère de l’Économie de l’Ukraine, prix de vente effectif mensuel du gaz, de mars 2022 à août 2026 ; tarifs de Naftogaz Trading.
- AIE, Oil Market Report (mars 2026) ; Banque mondiale, sur la perturbation d’Ormuz (2026) ; CNBC, 22 et 28 septembre 2026 (débat sur les exportations américaines de gazole).
- Calculateur du coût de la paille de la LWK Niedersachsen, via LAND & FORST (juin 2025) : transport 6,50 €/t plus 0,155 € par tonne-kilomètre.
- OMAFRA, Reducing energy use in grain dryers (2024/2026) ; Antargaz Pro, séchage (2026) ; Deutsches Maiskomitee, MAIS 3/2005 (Hugger) ; Institut du gaz de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine (NASU) / K. Kostohryz, Agrobusiness-Ukraine 4/2020.
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- Farmers Weekly, 19 mars 2018 (Woodend Farm ; Aberdeen Grain).
- GRECO, Kriger (prix catalogue du TGm-6.0, 2026), Novyi Elevator, BioFire (prix catalogue du TPZ8, 2026), Mecmar, LASCO, AMT, Agriconsult, Linka : documentation des fabricants.
- Banque des Territoires (2 mai 2023) et France Miscanthus (Bernwiller/Ammertzwiller) ; étude de cas Biomass Connect (Burlerrow Farm) ; brochure de références Hargassner (Lechermann, Schützenhofer, Hebenstreit) ; LWK NRW, Haus Düsse (25 janvier 2007), chaufferie à paille Farwick : électricité et main-d’œuvre.
- Heizspiegel 2025/2026 (co2online) : 127 kWh/m²/an pour une maison individuelle au gaz ; Kesselheld, heizung.de, Bosch (prix des chaudières, 2025) ; Agraventa (prix des granulés de miscanthus).
- 1. BImSchV, le règlement allemand sur les petites installations de combustion, §3(1) n° 8, §5(3), §15 ; KÜO, le règlement allemand sur le ramonage ; aides fédérales BEG (FNR/BAFA) ; règlement écoconception (UE) 2015/1189 ; résolutions antismog polonaises ; FAV autrichienne de 2019.
- Jensen, A. S. & Morin, B. (2015). Energy and the environment in beet sugar production. ESST ; CEFS, Climate Neutrality Toolbox (2023) ; Astarta via agravery.com (17 février 2017) ; Ukrtsukor via Interfax-Ukraine (17 novembre 2023) et données de la campagne 2025/26 ; Latifundist, sur les combustibles des sucreries (2023).
- Tryboi, O. V. (2018). Efficient biomass value chains for heat production from energy crops in Ukraine (chaudière à plaquettes de 500 kW, 33 ha, vingt ans). Energetika 64(2), 84–92, tableaux 5–7 ; comparateur de 80 g CO₂eq/MJ tiré du SWD(2014) 259 et de l’annexe VI de RED II ; Nussbaumer & Oser (2004), IEA Bioenergy Task 32 (plaquettes forestières de référence 13, granulés 3,3, chaudières gaz et fioul 0,7) ; McCalmont et al. (2017), GCB Bioenergy (ratio énergétique de la culture 47) ; JRC (2017), pas de valeur par défaut pour le miscanthus.
- Prix des balles : agrarheute (7 avril 2026, Allemagne, départ ferme) ; Novabiom et le contrat de Bernwiller (France) ; Farmers Weekly (2020) et Biosorb (2024) (Royaume-Uni) ; annonces d’exportation sur Artmash (Ukraine, 2026) ; notre propre prix bord de champ.
- Bioenergy Insight (26 septembre 2023), Pfeifer & Langen Könnern ; annonce de la chaufferie biomasse d’Acor ; Luzeal (information rapportée, non vérifiée) ; centrales à paille d’Elean/Ely et de Sleaford ; conditions des contrats Novabiom ; Navigant/BMWi (2020), laiteries, 7–10 GJ/t ; UABIO, chaudières biomasse municipales.
- Directive MCP (UE) 2015/2193 ; directive IED 2010/75/UE ; directive SEQE-UE et ETS2 ; RED III, directive (UE) 2023/2413, art. 3 et art. 29.
- Zelena Biomasna Energija, structure des CAPEX et OPEX de Miscanthus × giganteus : modèle de référence pour 1 hectare, Croatie, septembre 2026 (niveau prévisionnel ; hors financement, stockage, transport, transformation et arrachage de la plantation) ; utilisé ici avec des rhizomes au prix catalogue.
- Économie de l’hectare : miscanthus.eu/fr/buy (prix des rhizomes) ; notre coût de récolte, nos rendements et notre prix ; LfL Bayern, Deckungsbeiträge 2023–25 ; LfULG Sachsen (2014) ; Chambre d’agriculture de l’Oise (2025) ; Hastings, A. et al. (2017) ; Destatis, fermages (2023) ; séries d’essais de Poltava et de Potash à l’origine de l’échelle des rendements.
- Photographies : les photos de nos propres champs sont les nôtres, prises en février 2026 et lors des hivers précédents ; les autres sont créditées dans leur légende.


